Par Pierre Karl Péladeau

En matière de presse hebdomadaire, d’impression et de distribution, comme dans toutes choses, la concurrence amène tous les acteurs du marché à se dépasser pour mieux répondre aux besoins des consommateurs. Dans ce cas-ci, nous n’avons aucun doute que les lecteurs et les annonceurs sont mieux servis en ayant plus de choix qu’en n’en ayant qu’un seul. N’en déplaise à ceux qui perdent le confort de leurs monopoles.

 

Voir aussi: Hebdo: Quebecor étend sa toile en Ontario

Par Pierre Karl Péladeau, Président et Chef de la direction de Quebecor, Québecor Média et Corporation Sun Media

Depuis maintenant un peu plus de deux ans, grand état a été fait au sein du milieu de la presse hebdomadaire d’une soi-disant guerre des hebdos entre Québecor Média et Transcontinental, le tout relayé par nos concurrents des médias.

Pour certains, Québecor Média mérite d’être pointée du doigt pour avoir osé bousculer l’ordre établi qui faisait en sorte que, dans plusieurs régions du Québec, ne se trouvait qu'un seul éditeur d'hebdomadaire qui ne souffrait d'aucune concurrence pour la vente de ses espaces publicitaires ou la distribution de son journal et de circulaires d'annonceurs, avec les conséquences perverses associées à pareille situation. 

C’est ainsi que, depuis février 2010, Québecor Média a lancé onze nouveaux hebdos, ce qui porte à 74 le nombre de journaux régionaux que Corporation Sun Media publie et distribue chaque semaine à travers le Québec. Parallèlement, un investissement de 125 millions $ à son imprimerie de Mirabel permet aussi à Québecor Média d’offrir ses services d’impression aux hebdos indépendants et aux détaillants. Enfin, depuis août dernier, LE SAC PLUS offre une alternative de choix pour permettre à ces mêmes hebdos et détaillants de rejoindre des milliers de portes via le réseau de distribution de Québecor Média.

En d’autres mots, tous les gestes posés par Québecor Média dans le cadre de cette «guerre» auront eu pour conséquence de rendre les marchés de l’impression, de la distribution et de la publication des hebdos régionaux plus compétitifs.

Dans ce contexte, on peut bien sûr comprendre que ceux qui bénéficiaient du statu quo cherchent aujourd’hui à se plaindre de la nouvelle concurrence que nous posons. 

Une telle situation n’a d’ailleurs rien de neuf pour Québecor Média car nous avons vécu une expérience similaire dans le domaine de la téléphonie sans-fil lorsque Vidéotron et d’autres nouveaux entrants sont venus faire concurrence à l’oligopole formé par Bell, Rogers et Telus. Rappelons-nous qu’à l’époque un marché devenu trop confortable pour les joueurs établis se traduisait par des prix élevés et un niveau de service déficient dont se plaignaient les consommateurs canadiens. Le résultat ne se fit pas attendre. 

L’arrivée de nouveaux joueurs, à partir de 2008, a permis de dynamiser le marché de la téléphonie mobile comme jamais auparavant : les prix ont baissé, les innovations se sont multipliées et des milliards ont été investis dans des réseaux à la fine pointe de la technologie, créant des milliers d’emplois par le fait même. On peut également faire un autre parallèle avec le lancement de la téléphonie filaire chez Vidéotron en 2005 qui a mis fin à plus de cent ans de monopole. 

[node:ad]

Malgré les hauts-cris poussés par les partisans du statu quo, les consommateurs québécois sont ultimement sortis gagnants de cet influx de concurrence et nous sommes persuadés qu’il en sera de même pour le marché de la presse hebdomadaire.

Les journaux que nous avons lancés ont permis d’ajouter à la diversité de l’information locale et de créer plus de 500 emplois directs et indirects dans un secteur où les nouvelles embauches se font autrement plutôt rares.

Chaque nouveau journal lancé par Québecor Média cherche à répondre aux besoins spécifiques de ses lecteurs, ainsi que des organisations régionales, municipales, communautaires, culturelles et sportives, tout comme des gens d’affaires et des annonceurs de sa région. Que ce soit sur le plan de l’actualité, des faits divers, de l’économie, des sports ou encore des arts et de la culture, nos journaux régionaux sont tous publiés avec l’objectif d’établir des liens forts entre les différents acteurs locaux et de mettre en valeur les forces vives du milieu. La concurrence nous oblige à nous distinguer et c’est d’abord en misant sur la proximité que nous y arrivons.

Par ailleurs, la force de notre réseau d’hebdos, ce n’est pas seulement sa capacité d’offrir aux collectivités un reflet fidèle de ce qu’elles sont. C’est aussi la possibilité pour chacune de nos publications locales et régionales de contribuer à mieux informer le pays tout entier sur ce qui se passe dans chacun des territoires où nous sommes présents. Grâce à notre agence de presse, l’Agence QMI, un hebdo régional peut maintenant relayer au Canada tout entier des nouvelles d’intérêt national qui se déroulent dans son coin de pays. C’est ça, la vraie force de l’écosystème que nous mettons en place : chacun peut y faire entendre sa voix et participer au traitement de la nouvelle. 

Enfin, le sort de la presse indépendante en est bien sûr un qui nous préoccupe. Nous sommes particulièrement sensibles à la difficulté de tirer son épingle du jeu à titre de joueur indépendant dans un univers médiatique où la multiplication des sources d’information a pour effet de faire de la nouvelle une commodité qui se doit d’être de plus en plus instantanée et de moins en moins coûteuse. Notre stratégie d’entreprise vise d’ailleurs principalement à faire face à cette difficulté.

Cela étant, nous croyons que le fait d’offrir enfin une alternative aux journaux indépendants qui n’avaient jusqu’alors que l’option de se faire imprimer et distribuer par Transcontinental ne peut qu’être bénéfique. 

Comme en toutes choses, cette nouvelle concurrence poussera inévitablement les imprimeurs et les distributeurs à être plus efficaces, plus innovateurs et plus compétitifs dans leurs prix, pour le plus grand bénéfice des journaux indépendants qui ont recours à leurs services.

En conclusion, Québecor Média demeure persuadée qu’en matière de presse hebdomadaire, d’impression et de distribution, comme dans toutes choses, la concurrence amène tous les acteurs du marché à se dépasser pour mieux répondre aux besoins des consommateurs. Dans ce cas-ci, nous n’avons aucun doute que les lecteurs et les annonceurs sont mieux servis en ayant plus de choix qu’en n’en ayant qu’un seul. N’en déplaise à ceux qui perdent le confort de leurs monopoles.