Il y a deux ans, cinq journalistes indépendants créaient un site d'information dédié à leur quartier: RueMasson.com. Quelques milliers d'articles et de tweets plus tard, le site accueille aujourd'hui 25 000 visiteurs par mois en moyenne. Il compte plus de 3700 fans sur Facebook et plus de 2000 abonnés sur Twitter. Mais tous ces clics ne se transforment toujours pas en dollars.

Il y a deux ans, cinq journalistes indépendants créaient un site d'information dédié à leur quartier: RueMasson.com. Quelques milliers d'articles et de tweets plus tard, le site accueille aujourd'hui 25 000 visiteurs par mois en moyenne. Il compte plus de 3700 fans sur Facebook et plus de 2000 abonnés sur Twitter. Mais tous ces clics ne se transforment toujours pas en dollars.

Après le succès d'estime, David Bruneau, Cécile Gladel, Stéphanie Lalut, Éric Noël et Lisa Marie Noël, sont en quête de succès financier. Introduites à la fin de 2010, les publicités sont une première source de revenus. À l'heure actuelle, la vente de bannières sert à supporter les frais d'exploitation du site. Pour séduire les annonceurs, l'équipe mise sur ses lecteurs nichés: «une clientèle très ciblée, impliquée, branchée et dotée d’un sentiment d’appartenance exceptionnel à son quartier». Mais la mayonnaise ne prend pas facilement, RueMasson faisant face à un concurrent de taille, Transcontinental, qui couvre le même territoire via Le Journal de Rosemont.

Le groupe a une longueur d'avance auprès des annonceurs grâce à sa marque bien établie et à son offre multiplateforme, qui comprend Internet, mais aussi le sac de circulaires et l'hebdomadaire papier, un produit qui demeure la plateforme préférée et exclusive de 85 % des lecteurs, selon les données de l'association Hebdos Québec. Le Journal de Rosemont rafle également les avis publics qui représentent une source non négligeable de revenus pour les médias locaux. Le gouvernement du Québec a mis en place des mécanismes pour assurer une distribution équitable des avis publics et de la publicité, mais ce n'est pas le cas des municipalités.

Le Rapport Payette, comme la FPJQ, s'est inquiété du phénomène. Soulignant l'arbitraire et la politisation de la distribution des avis publics, le rapport a recommandé que le ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine mette sur pied un comité de travail chargé de remédier au problème. Il a également mis le doigt sur un autre problème touchant au financement d'initiatives web comme RueMasson.com: les critères d'admission au Programme d'aide au fonctionnement des médias communautaires. Celui-ci exclut les médias uniquement en ligne.

Les fondateurs du site MédiaSud basé à Longueuil ont dénoncé cette exclusion en participant à la consultation publique de la ministre St-Pierre en novembre. Couvrant la ville centre de Longueuil et les quatre villes reconstituées de Brossard, Boucherville, Saint-Lambert et Saint-Bruno de Montarville, MédiaSud est lui aussi un site d'information locale indépendant. Financièrement, il tire néanmoins mieux son épingle du jeu que RueMasson.com. Il vit de publicités, essentiellement de la Ville de Longueuil et d'institutions publiques, mais aussi de la diffusion en direct des séances du conseil de ville de Longueuil, de son agglomération et de la ville de Brossard.

Cette initiative pourrait inspirer les fondateurs de RueMasson.com qui couvrent assidument le conseil d'arrondissement de leur quartier. Le site rosemontais a d'ailleurs été le premier média à couvrir ce rendez-vous politique en direct sur Twitter, attirant à sa suite ses concurrents.

 

Voir aussi:

Rue Masson change de look et intègre la pub

 

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