La direction de TVA se défend d'avoir mal agi à l'égard de Mélissa François. Dans un communiqué, elle réplique à la sortie publique du syndicat de la chaîne qui réclamait hier le retour à l'antenne de la journaliste lectrice de nouvelles. Le syndicat s'insurge qu'elle ait été rétrogradée peu avant Noël après avoir annoncé à LCN la mort de Kim Jong-Deux , au lieu de celle de Kim Jong-Il. 

La direction de TVA se défend d'avoir mal agi à l'égard de Mélissa François. Dans un communiqué, elle réplique à la sortie publique du syndicat de la chaîne qui réclamait hier le retour à l'antenne de la journaliste lectrice de nouvelles. Le syndicat s'insurge qu'elle ait été rétrogradée peu avant Noël après avoir annoncé à LCN la mort de Kim Jong-Deux , au lieu de celle de Kim Jong-Il.

Surnuméraire parmi d'autres

Selon la direction, Mme Fançois n’a jamais reçu de sanction disciplinaire et ses heures de travail n’ont pas été réduites. Elle est néanmoins une travailleuse surnuméraire, ses affectations fluctuent donc en fonction des besoins de la salle de nouvelles, où elle officie le plus souvent au poste de rédactrice ou de reporter. «TVA Nouvelles lui a donc permis d’agir à titre de lectrice de nouvelles de façon occasionnelle dans le but de poursuivre la formation de ses effectifs», souligne-t-elle.

Le statut des journalistes surnuméraires était justement à l'ordre du jour dans La Presse en début de semaine. Nathalie Collard s'inquiétait de ce statut précaire, soulignant que «la précarité est un cancer qui vient ronger les assises du quatrième pouvoir». Si elle pointait essentiellement la gestion des ressources humaines à Radio-Canada, dans la foulée des nombreux départs de surnuméraires annoncés en début d'année, le phénomène n'est pas unique au réseau public. Les surnuméraires sont partout dans l'industrie, dont à TVA et à La Presse.

Manque de culture générale

Le syndicat de TVA argue que Mme François s'est vue reprocher «un soi-disant manque de culture générale», ce qui est faux à ses yeux puisqu'à 22h11 elle avait bel bien dit Kim Jong-Il et non Kim Jong-Deux comme elle l'a fait à 22h22. Une confusion de télésouffleur serait à l'origine de l'erreur, selon la page Facebook de soutien à la journaliste.

Mais la partie patronale n'adhère pas à cette justification. «Un lecteur ou une lectrice de nouvelles doit non seulement posséder un important bagage de connaissances générales, mais doit aussi être au fait de l’actualité, indique-t-elle. C’est pourquoi la direction a choisi, non pas de pénaliser Mme François, mais plutôt de lui permettre de poursuivre son apprentissage comme rédactrice et comme journaliste sur le terrain et progresser.»

Contrôle des dommages

TVA se défend également de n'avoir pas fait le nécessaire pour protéger sa réputation et celle de la journaliste en demandant le retrait des extraits vidéos circulants sur Internet, comme le déplore le syndicat. La direction de la chaîne explique que le service juridique du Groupe TVA a entrepris des démarches en ce sens dès le 19 décembre, soit le lendemain des faits. Ainsi, après avoir été visionné plus de 76 000 fois sur YouTube, l'extrait a été retiré le 22 décembre pour «violation des droits du contenu de TVA». Toutefois, au moment d'écrire ces lignes, le même extrait était toujours disponible sur DailyMotion:

[node:ad]


La télévision annonce la mort de Kim Jong-Deux par Gentside

Accusations de racisme

Quant aux accusations de discriminations raciales du syndicat, la direction de la chaîne les juges «inacceptables». Elle souligne que «TVA Nouvelles traiterait n’importe quel dossier comparable de la même façon, sans égard à l’origine ethnique de l’employé concerné». Mais, pour le syndicat, «ces événements s’inscrivent dans une incapacité chronique de TVA Nouvelles à donner une juste part de temps d’antenne à des journalistes issus de minorités visibles ou culturelles».

Le Conseil ethnique des droits humains penche du côté syndical et menace de s'en mêler en portant l'affaire devant la Commission des droits de la personne, indique l'agence Médiamosaïque. Le 22 décembre, l'agence de presse qui se consacre aux communautés culturelles d'ici révélait que le Comité d'action sur la diversité culturelle de TVA a été aboli le 13 décembre, sept ans après sa création, TVA jugeant être désormais capable d'intégrer elle-même la diversité culturelle. 

 

Voir aussi:

Le syndicat de TVA réclame le retour de Mélissa François