Bell
Canada a annoncé ce matin qu’elle achètera la totalité des actions
de CTV. 15% des parts du plus important réseau de télévision au
pays lui appartenait déjà. Elle fera donc l’acquisition de 85% des
actions restantes détenues par The Woodbridge Company Limited, le
Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario
et Torstar Corporation.

Grâce
à cette transaction évaluée à 3,2 milliards de dollars, Bell met
la main sur 27 chaînes de télévision, 30 canaux spécialisés,
dont TSN et RDS, et leurs sites web, ainsi que sur CHUM Radio qui
exploite 34 stations de radio. Le panier compte également 15% des
parts du quotidien The
Globe and Mail
.

Bell
Canada a annoncé ce matin qu’elle achètera la totalité des actions
de CTV. 15% des parts du plus important réseau de télévision au
pays lui appartenait déjà. Elle fera donc l’acquisition de 85% des
actions restantes détenues par The Woodbridge Company Limited, le
Régime de retraite des enseignantes et des enseignants de l’Ontario
et Torstar Corporation.

Grâce
à cette transaction évaluée à 3,2 milliards de dollars, Bell met
la main sur 27 chaînes de télévision, 30 canaux spécialisés,
dont TSN et RDS, et leurs sites web, ainsi que sur CHUM Radio qui
exploite 34 stations de radio. Le panier compte également 15% des
parts du quotidien The
Globe and Mail
.

Vers une synergie excessive?

Avec
autant de médias en poche, «Bell pourrait créer une synergie
pouvant frôler l’excès» craint l’analyste des médias et président
du Groupe CIC, Richard Paradis. «Les chaînes de CTV sont parmi les
plus populaires au pays, RDS et TSN ont par exemple des cotes
d’écoute supérieures à celle de chaînes conventionnelles, et le
Globe and Mailest
le quotidien numéro sur le marché anglophone. Donc la possibilité
d’échange de contenu est immense», explique-t-il.

Bell
absorbe en effet une masse de contenus qui peuvent être diffusés à
la télévision, à la radio et dans les médias imprimés, mais
aussi sur Internet et sur mobile, deux secteurs où l’entreprise est
déjà un joueur majeur.

Elle a donc en main les mêmes cartes que
Shaw au Canada anglais et que Vidéotron au Québec. Cette filiale de
Quebecor a lancé hier son service de téléphonie mobile couplé à
illico mobile. Ce service permet d’accéder à 1000 heures de
contenus gratuits, à près de 2000 titres d’émissions et séries,
28 chaînes TV dont 10 en direct, et 45 chaînes de musique.

Pour
Richard Paradis, ce n’est d’ailleurs pas pour rien que Bell a fait
son annonce aujourd’hui: il s’agit d’une réplique directe dans la
guerre du contenu mobile. Néanmoins, Vidéotron a une longueur
d’avance sur sa concurrente: le marché francophone. En effet, «Bell
va devoir remédier rapidement à son manque de contenu francophone,
car le Québec est un marché majeur dont elle ne peut pas se passer»,
estime-t-il.

Qu’en pensera le CRTC ?

Avant
toute chose, Bell devra montrer patte blanche au CRTC et au Bureau de
la concurrence pour que la transaction soit effective. Selon Richard
Paradis, qui a lui-même œuvré au sein du CRTC, ce devrait être
une formalité: «Il a des précédents, Shaw et Quebecor ont fait la
même chose, donc le CRTC et le Bureau de la concurrence ne devraient
pas s’opposer à la transaction». Il souligne cependant que le
Conseil devrait s’assurer que les câblodistributeurs ne s’accaparent
pas les contenus au point de les réserver à leurs clients
uniquement.

Pour
sa part, le vice-président Médias pour le Syndicat canadien des
communications, de l’énergie et du papier (SCEP), Peter Murdoch, a
confié ses inquiétudes à Michel Munger du Canal Argent: «Est-ce
que les Canadiens vont continuer de recevoir des nouvelles locales et
des informations de qualité diffusées par leurs stations locales?
Le CRTC doit renforcer son autorité dans l’intérêt des Canadiens
pour assurer un équilibre avec les intérêts des grandes
entreprises médiatiques à la recherche de profits élevés et de
réduction des coûts.»

La
qualité de l’information que produira le nouveau conglomérat est
également au cœur des préoccupations de la Fédération
professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). «Nous allons
chercher à savoir quel sera l’impact de la transaction sur la
qualité de l’information en nous demandant par exemple s’il y aura
des réductions d’effectifs et si les sources d’informations seront
maintenues», a expliqué le président de la Fédération Brian
Myles sans vouloir se prononcer définitivement sur le dossier.

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