Louis Lalande succède officiellement à Sylvain Lafrance au poste de vice-président principal des services français de CBC/Radio-Canada. Un poste qu'il occupait à titre intérimaire depuis la fin de septembre 2011.

Louis Lalande succède officiellement à Sylvain Lafrance au poste de vice-président principal des services français de CBC/Radio-Canada. Un poste qu'il occupait à titre intérimaire depuis la fin de septembre 2011.

L'homme des régions

À l'emploi du réseau public depuis près de trente ans, Louis Lalande a occupé divers postes essentiellement liés à la production d'informations. Réalisateur-coordonnateur des couvertures spéciales et des grands événements, pendant 10 ans, il a également été directeur général de la production technique et directeur général de l'information à la télévision de Radio-Canada. Il a joué un rôle clef dans l’intégration des salles de nouvelles radio, télévision et Internet.

Mais au cours des dernières années, il s'est surtout démarqué en région. À titre de directeur général des services régionaux, il a dirigé, entre 2006 et 2011, l'ensemble de la programmation de langue française à l'extérieur des grands centres sur tout le territoire canadien. Sous sa gouverne, les services régionaux ont pris un nouvel élan avec l'ouverture de trois centres multimédias à Sherbrooke, à Trois-Rivières et à Saguenay, et le lancement de deux sites consacrés à l'actualité des banlieues nord et sud de Montréal, Radio-Canada Rive-Nord et Radio-Canada Rive-Sud.

Pour Louis Lalande, ces projets font partie des initiatives mises en place par le réseau public pour répondre aux exigences de ses auditoires fractionnés, mais aussi aux attentes des jeunes journalistes. Questionné par ProjetJ sur ses plans à l'égard de la relève, le nouveau grand patron pointe directement ses réalisations en région. Pour lui, il s'agit d'initiatives qui donnent «de la place et de l'espoir aux jeunes qui veulent pratiquer le journalisme à Radio-Canada». Alors que plusieurs jeunes journalistes ont quitté la société publique avec fracas ces dernières semaines, Louis Lalande assure que «la relève est un enjeu extrêmement important pour Radio-Canada». «C'est quelque chose qui nous préoccupe», déclare-t-il.

L'homme des compressions

Ancré dans les régions et le multiplateforme, Louis Lalande incarne les objectifs quinquennaux du réseau public qui souhaite «étendre sa couverture régionale, doubler son investissement sur les plateformes numériques et offrir encore plus d'émissions originales canadiennes». Mais il répond également aux exigences du gouvernement fédéral qui souhaite expressément que CBC/Radio-Canada diminue sa présence à Toronto et Montréal pour consacrer plus de ressources aux régions, comme l'a déclaré à Postmedia le ministre du Patrimoine, James Moore, le mois dernier.

Louis Lalande s'est également engagé à répondre à une autre exigence forte du gouvernement: la transparence quant à la gestion des fonds publics. «On a une obligation d'imputabilité et de transparence. (…) C'est quelque chose dont on veut se préoccuper. (…) Vous allez voir au fur et à mesure des prochaines semaines qu'il y a des mesures particulières qui seront mises en place», a-t-il déclaré en réponse aux questions de Stéphane Baillargeon du Devoir. À ce sujet, contrairement à son prédécesseur, à titre d'ancien directeur de l'information de LCN, la chaîne d'information en continu de Quebecor, Louis Lalande connaît de l'intérieur le principal rival du réseau public, un concurrent qui réclame que CBC/Radio-Canada ouvre ses livres.

Mais la grande priorité du nouveau vice-président principal des services français de CBC/Radio-Canada sera la gestion d'un buget en décroissance, «dans la perspective où on ne peut pas refuser de participer au plan de réduction» des dépenses de l'État mis en œuvre par le gouvernement conservateur. Selon ce plan, le radiodiffuseur public devrait recevoir une enveloppe budgétaire amputée de 5 à 10%. Louis Lalande a précisé que, comme 67 agences et ministères, Radio-Canada travaillait déjà à des plans de réductions de dépenses et que, quoi qu'il arrive, la présence régionale et numérique, ainsi que la production de contenus originaux seront protégées. Toutefois, l'incertitude budgétaire l'a d'ores et déjà poussé à annuler la programmation de nuit de RDI qui devait être lancée à la fin du mois.

Outre le front budgétaire, Louis Lalande hérite d'un autre dossier clef pour CBC/Radio-Canada, celui du renouvellement des licences. L'audience publique du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) à ce sujet devait avoir lieu en septembre, mais elle a finalement été reportée à juin. D'ici là, le CRTC aura un nouveau président, le mandat du président actuel, Konrad Von Finckenstein, se terminant le 24 janvier.

 

Voir aussi:

CBC/Radio-Canada: réductions budgétaires en vue

Pourquoi le CRTC reporte-t-il l'audience sur Radio-Canada?

Radio-Canada veut prévenir les compressions budgétaires

 

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