Le colloque international «L'avenir de la formation en journalisme» qui devait avoir lieu à l'Université de Montréal les 16 et 17 mars n'aura pas lieu. Les organisateurs de l'évènement ont décidé de l'annuler faute d'inscriptions suffisantes.

Le colloque international «L'avenir de la formation en journalisme» qui devait avoir lieu à l'Université de Montréal les 16 et 17 mars n'aura pas lieu. Les organisateurs de l'évènement ont décidé de l'annuler faute d'inscriptions suffisantes.

Le responsable du certificat en journalisme à l’UdeM et coordonnateur du colloque, Robert Maltais, explique qu'à un mois de l'évènement il ne comptait que 20 inscrits alors qu'il en espérait au moins 80. Le colloque visait en particulier les enseignants et les responsables de programmes de journalisme du Québec, du Canada et d'ailleurs. Pour les attirer, la faculté d'éducation permanente de l'UdeM a contacté 850 universités à travers le monde.

Pour M.Maltais, le programme proposé était fort intéressant et susceptible de créer un débat enrichissant pour toutes les universités offrant des formations en journalisme. Si des chercheurs de plusieurs pays, dont Cuba et la Russie, l'ont contacté au cours des derniers mois pour s'informer du programme, aucun ne s'est incrit, déplore-t-il.

L'UdeM a investi 60 000 dollars dans l'aventure. Dans un contexte de crise, alors que la majorité des universités sont très prudentes au plan budgétaire, elle ne pouvait prendre le risque de perdre de l'argent en n'atteignant pas ses objectifs d'inscription, explique M.Maltais. «On a pensé à réduire le programme pour que l'évènement soit moins coûteux, mais je ne voulais pas en faire un pâté chinois, ça n'aurait pas été intéressant.»

La faculté n'abandonne néanmoins pas l'idée de débattre de la formation en journalisme, souligne M.Maltais qui compte bien proposer un autre événement sur le même thème à l'automne ou au printemps prochain. En attendant, le comité organisateur va remettre la formule en question afin d'accoucher d'une offre remodelée.

Au moment du dévoilement du programme du colloque le mois dernier, plusieurs journalistes avaient critiqué son contenu. Nathalie Collard de La Presse avait par exemple déploré, sur Twitter, que peu de place y soit faite aux nouvelles technologies, notamment au journalisme de données. Pour sa part, Mariève Paradis de l'Association des journalistes indépendants avait souligné qu'en n’accordant pas d'espace à la formation à la pige, les organisateurs étaient déconnectés des réalités du marché du travail.

M.Maltais estime que ce n'est pas tant la forme ou même le contenu du programme qui freinent les inscriptions, mais le manque de moyens financiers dans un contexte de crise. Journalistes indépendants et étudiants ont en effet critiqué les frais d'inscriptions exigés, les jugeant trop élevés. À titre comparatif, le congrès sur le journalisme et l'avenir de l'éducation («L'identité, les changements et les défis du journalisme au XXIe siècle») qui doit avoir lieu à Santiago, au Chili, du 27 au 29 juin, demande 100 dollars par personne, tandis que celui de l'UdeM en réclamait 5 fois plus.

Un autre évènement international sur le journalisme doit avoir lieu à Montréal prochainement. L'Université McGill accueillera en avril le colloque «Stratégies publiques pour le journalisme dans l’environnement médiatique canadien: débats, diversité et financement». Initiative de la chercheuse Christine Crowther, ce rendez-vous se déroulera non pas sous la forme d'exposés magistraux, comme cela devait être le cas à l'UdeM, mais selon la formule «camp» encourageant toutes les personnes présentes à participer au débat et à proposer des idées.

L'objectif de l'évènement, organisé par des chercheurs des universités McGill, Concordia et Laval, ainsi que de la Sorbonne Nouvelle à Paris, est de repenser le rôle du journalisme au Canada et les politiques publiques le régissant afin de mieux le soutenir. Les organisateurs espèrent y recevoir non seulement des professeurs, des chercheurs et des étudiants, mais aussi des journalistes, des activistes, des décideurs publics et des simples citoyens. Les frais d'inscription s'échelonnent de 125 à 250 dollar et les étudiants des universités organisatrices pourront s'y inscrire gratuitement. De plus, un système d'accueil chez l'habitant a été mis en place pour héberger les participants à moindres coûts.

 

Voir aussi:

Préparer les journalistes de l'avenir: un colloque à l'UdeM

Frais innacceptables, évènement innaccessible!

Colloque: pour un journalisme civique

 

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