La consommation des médias a
globalement augmenté au Québec, mais la migration vers le Web est
loin d’être un mirage. C’est ce que révèle une étude, réalisée
par Ipsos Descarie pour le Conseil des directeurs médias du Québec
(CDMQ) dévoilée hier lors des RDV Média Infopresse.

En compilant les réponses de 2047
adultes québécois, Ipsos Descarie a constaté que la consommation
de médias
traditionnels a diminué au profit d’Internet.

La consommation des médias a
globalement augmenté au Québec, mais la migration vers le Web est
loin d’être un mirage. C’est ce que révèle une étude, réalisée
par Ipsos Descarie pour le Conseil des directeurs médias du Québec
(CDMQ) dévoilée hier lors des RDV Média Infopresse.

La radio: fidèle compagne

En compilant les réponses de 2047
adultes québécois, Ipsos Descarie a constaté que la consommation
de médias traditionnels a diminué au profit d’Internet.
Néanmoins, parmi les cinq plateformes traditionnelles, soit la
télévision, la radio, le magazine et le journal, la seconde est
celle dont la cote d’amour a le moins décliné. Fidèles aux
traditions, la majorité des gens écoutent par ailleurs la radio en
mode traditionnel, soit 87% contre 13% pour les plateformes
alternatives.

On peut attribuer la pérennité de la
radio au fait qu’elle soit «profondément ancrée dans la réalité
quotidienne des gens, elle les accompagne dans leur voiture et dans
leurs tâches ménagères», a expliqué Monique Brosseau
vice-présidente du CDMQ.

La TV ne séduit plus les jeunes

Toujours LE média de rendez-vous par
excellence et grande première dans le cœur de la majorité des
Québécois, la télévision perd néanmoins des plumes auprès des
18-34 ans qui lui préfèrent Internet et les autres médias
traditionnels. Contrairement à la
croyance populaire, les jeunes n’ont en effet pas délaissé la
presse magazine et quotidienne. Leur consommation de ces supports a
en fait augmenté alors qu’elle a diminué chez leurs aînés.

Leur désintérêt pour la télévision
doit néanmoins être nuancé. «Les
jeunes consomment de la télévision, mais ils le font sur Internet
ou sur leur téléphone», a souligné Édith Perreault
vice-présidente, ventes et marketing de TVA, «ils sont amateurs de
vidéos de courte durée. C’est de la télévision, mais le type de
contenu a changé».

Pour,
Luc-André Cormier
vice-président, marketing et stratégie numérique de V, les moins
de 34 ans jugent la télévision traditionnelle moins intéressante
et préfèrent la vidéo conçue pour le Web. En effet, selon Ipsos
Descarie, 24% des gens qui disent consommer moins de télévision le
font parce qu’ils estiment que les contenus sont moins intéressants.

Pour
contrer ce phénomène, comme Radio-Canada, V mise sur la création
de contenus exclusifs pour le web et exploite les réseaux sociaux
pour attirer le public, car «il faut suivre le consommateur où il
est» dixit Luc-André Cormier.

Internet: popularité vs rentabilité

Le
problème avec le Web c’est que, pour le moment, «on échange des
dollars analogiques pour des cents numériques», a martelé François
Descarie, vice-président
principal de la firme de sondage.
Un constat qui pèse lourd sur les caisses de
l’industrie, mais surtout de l’imprimé dont l’audience a le plus
migré vers Internet. En effet, moins de la moitié des Québécois,
soit 42%, consultent encore les journaux en mode traditionnel.

Or, la publicité
en ligne, bien qu’elle suscite de plus en plus d’intérêt des
annonceurs, n’a pas la faveur du public. Seulement 14% des gens
disent en effet être attentifs aux annonces sur Internet, car «elles
sont, la plupart du temps, juxtaposées à du contenu», selon Martin
Ceré vice-président aux contenus de Sympatico.ca. Il juge également
qu’il est plus aisé de capter l’attention du public à la télévision
où «la pub est plus divertissante, plus créative».

Il
ressort par ailleurs des chiffres Ipsos Descarie que les Québécois
favorisent les contenus gratuits dans leur consommation médias et
délaissent les plus couteux.Par exemple, 36% des gens qui disent lire moins de
magazines le font pour des raisons financières. Ce même
public se tourne vers les contenus gratuits traditionnels ou en
ligne.

De
fait, pour le cofondateur de Bombe.tv, Maxime Fleurant, qui est
intervenu dans une autre discussion du RDV Média Infopresse,
l’avenir est aux «contenus gratuits mais parfumés», c’est-à-dire
directement produits en association à une marque. La marque de
chaussures Palladium, par exemple, finance la production de
reportages qui sont ensuite diffusés sur son site. Il ne s’agit pas
de reportages sur la marque, mais sur des sujets jugés d’intérêt
pour sa clientèle cible comme les radios pirates londoniennes ou
l’impact de la crise sur la ville de Detroit.

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