Depuis une semaine, la twittosphère
québécoise a les yeux rivés sur les audiences de la Commission
Bastarache. Mardi dernier, au premier jour du témoignage de
l’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare, Influence communication a
comptabilisé pas moins de 25 tweets par minute à propos de cet
événement.

Important usager du réseau social,
Taïeb Moalla est journaliste au bureau politique du Journal de
Québec et comme plusieurs de ses collègues d’autres médias, il
relate la commission en direct sur son fil. Il s’agit pour lui d’un
geste spontané, son employeur ne lui a en effet pas donné
spécifiquement le mandat de le faire. Néanmoins, devant
l’engouement du public, ses tweets sont retransmis en temps réel sur
la page d’accueil du site du Journal de Québec.

Depuis une semaine, la twittosphère
québécoise a les yeux rivés sur les audiences de la Commission
Bastarache. Mardi dernier, au premier jour du témoignage de
l’ex-ministre de la Justice Marc Bellemare, Influence communication a
comptabilisé pas moins de 25 tweets par minute à propos de cet
événement.

Important usager du réseau social,
Taïeb Moalla est journaliste au bureau politique du Journal de
Québec
et comme plusieurs de ses collègues d’autres médias, il
relate la commission en direct sur son fil. Il s’agit pour lui d’un
geste spontané, son employeur ne lui a en effet pas donné
spécifiquement le mandat de le faire. Néanmoins, ses tweets sont retransmis en temps réel sur
la page d’accueil du site du Journal de Québec (capture d’écran ci-contre).

Cette couverture instantanée de la
Commission Bastarache laisse le professeur Pierre C. Bélanger
sceptique. Spécialiste des technologies émergentes au département
de communication de l’Université d’Ottawa, il doute que le commun
des mortels gagne réellement à savoir comment se déroule
l’interrogatoire dans ses moindres détails et n’a de toute façon
pas le temps de le faire.

Twitter ne laisse pas de place au
recul

Rédacteur en chef de Projet J, mais
aussi journaliste et spécialiste des nouvelles technologies, Michel
Dumais est lui aussi dubitatif. «Sur Twitter, l’émetteur autant que
le récepteur du message est dans la réaction permanente. Il n’a
donc pas de recul et pas le temps de se poser une question
fondamentale: “est-ce que ce que je viens d’entendre a
réellement du sens?”.» La question du sens titille également
Pierre C.Bélanger. Pour lui, Twitter ne se prête simplement pas à
la couverture d’un tel événement:

«Informer le public sur une commission
de ce genre c’est l’aider à en comprendre les enjeux, il faut donc
réfléchir et non pas seulement rapporter des faits. Or Twitter
n’est pas une technologie conçue pour l’analyse réflexive, sa
grammaire expéditive ne le permet pas.»

L’analyste politique Michel C. Auger de
Radio-Canada twittait d’ailleurs la semaine dernière «Je ne twitte
pas. On ne peut pas faire de l’analyse politique en 140 caractères».
Mais pour Taïeb Moalla, l’un n’empêche pas l’autre. «Je ne
prétends pas faire de l’analyse politique sur Twitter. Ce que j’y
fais ce sont de simples photos instantanées de l’évènement et ça
ne remplace pas l’analyse que je produis en fin de journée pour le
journal du lendemain.»

Twitter est le nouveau perron
d’église

Mais, comme le souligne le président
d’Influence communication, Jean François Dumas, «les médias
sociaux sont des amplificateurs de la nouvelle, c’est le nouveau
perron d’église». De fait, Michel Dumais estime que même si le
journaliste produit une analyse après coup, le mal est fait:

«Une fois que
l’information brute a circulé quand le journaliste ou l’analyste
essaie ensuite de faire des nuances, de corriger le tir, ou d’aller à
contre-courant, le public est passé à autre chose et de veut pas
l’entendre.»

Pierre C. Bélanger nuance néanmoins
les inquiétudes en soulignant que Twitter n’est pas un média de
masse, ce qui y est diffusé ne rejoint donc qu’une faible proportion
de la population. «C’est encore une technologie en quête
d’applications, on est dans l’essai erreur.»

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