ProjetJ, en collaboration avec le Trente, vous présente quelques compte-rendus des ateliers présentés au congrès 2012 de la FPJQ. 

Le travail à la maison, en dehors d'une salle de rédaction, est depuis toujours le lot des pigistes. Il devient aussi celui de certains salariés. Quels sont les avantages et inconvénients de cette formule?
 

ProjetJ, en collaboration avec le Trente, vous présente quelques compte-rendus des ateliers présentés au congrès 2012 de la FPJQ. 

Le travail à la maison, en dehors d'une salle de rédaction, est depuis toujours le lot des pigistes. Il devient aussi celui de certains salariés. Quels sont les avantages et inconvénients de cette formule?

 

 

Invités : 

Émilie Dubreuil, journaliste, Radio-Canada, et ancienne journaliste à la maison, Le Journal de Montréal
Judith Lussier journaliste pigiste qui co-écrit un livre sur le travail à domicile
Pierre-Yves McSween, comptable, chargé de cours et chroniqueur à Radio-Canada, sur les dispositions fiscales liées au travail à la maison et notamment sur les «faux pigistes»
Animation: Nathalie Deraspe, rédactrice en chef, Flèche, le magazine des Laurentides

Par Malorie Gosselin

 

«J’ai presque envie d’essayer de convaincre les gens de lâcher leur job. Pour moi, c’est inconcevable de travailler dans un bureau, d’être surveillée par son patron, de devoir rentrer de 9 à 5, de devoir demander la permission pour prendre une heure de dîner un petit peu plus longue». Vendue de la pige, Judith Lussier, journaliste, affirme que sa qualité de vie et son salaire ont augmenté depuis qu’elle fait de la pige. Elle ajoute qu’elle vit beaucoup plus de sécurité d’emploi que bien des journalistes étant donné qu’elle a plusieurs clients. Si elle en perd un, elle a toujours les autres.

Judith Lussier co-écrit un livre sur le travail à domicile dont l’objectif est de faire partager des solutions créatives que des travailleurs autonomes ont trouvées pour pallier à la solitude, au désir de procrastiner, à l’insécurité financière et autres aléas de ce choix de vie. Celle qui fait l’unanimité chez les panelistes : combiner pige et travail salarié à mi-temps.

[node:ad]

Émilie Dubreuil, journaliste à Radio-Canada et pigiste, a témoigné de son expérience d’employée en presse quotidienne à la maison. Tout à fait différente de la pige traditionnelle, qu’elle chérie, l’aventure ne fut pas concluante pour elle. «Le beat quotidien nécessite énormément de communication entre le journaliste et ses employeurs, le pupitre, le graphiste, le photographe, le technicien, etc. Le fait d’être chacun chez soi engendre des imbroglios de communications. Comme on ne se voyait pas, on avait constamment des doutes sur ce qu’on devait faire… Et commençait la tague-répondeur avec dix personnes en même temps. Ça devenait tellement stressant que je n’avais pas le temps de m’habiller. Je passais ma journée au téléphone devant mon ordinateur en robe de chambre.» Elle souligne aussi que ce n’est pas la même game qu’en pige : «aujourd’hui, il fait beau, on en profite, on va aller faire du ski». Non. Il s’agit d’un travail d’employé à horaire fixe, à la maison

«Être pigiste, c’est une question de faits». Le paneliste Pierre-Yves McSween, comptable, chargé de cours et chroniqueur à Radio-Canada, a évoqué les dispositions fiscales liées au travail à la maison. Un journaliste qui a signé une clause de non-concurrence, n’a qu’un seul employeur (client) et bénéficie d’avantages sociaux ne sera pas considéré comme travailleur autonome par le gouvernement même s’il travaille de la maison. Pour s’assurer d’être considéré pigiste, le mieux c’est d’avoir plus d’un client et de ne signer que des contrats à durée déterminée. L’avantage fiscal de la pige comparativement au télé-travail (salarié travaillant à la maison) est de pouvoir déduire plus de dépenses sur son rapport d’impôt. Lesquels : assurances, impôts fonciers, intérêts hypothécaires, amortissement mobilier du bureau, rénovations majeures, etc. Un salarié dont l’employeur lui permet de travailler à la maison doit s’assurer de lui faire compléter le document T2200 (fédéral) et TP-64.3 (provincial) sur les conditions générales d’emploi. Cela lui permettra de déduire, à l’instar du vrai pigiste,  des dépenses afférentes au bureau: loyer, électricité, chauffage, produits de nettoyage et réparations mineures.

En terminant, une belle solution pour éviter de tout perdre si jamais, vous, pigiste, vous faites poursuivre : «s’incorporer».