Après des jours d’attente dans
l’angoisse, une quinzaine de journalistes ivoiriens basés à Abidjan ont été
évacués ce matin avec le concours de l’Organisation des Nations
Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Ils ont pris place à bord d’un vol à
destination de Bouaké, une ville du centre-nord du pays jugée plus
sécuritaire, nous a informé le
secrétaire général du Comité ivoirien de protection des
journalistes (CIPJ), Stéphane Goué.

Texte modifié post-publication

Après des jours d’attente dans
l’angoisse, une quinzaine de journalistes ivoiriens basés à Abidjan ont été
évacués ce matin avec le concours de l’Organisation des Nations
Unies en Côte d’Ivoire (ONUCI). Ils ont pris place à bord d’un vol à
destination de Bouaké, une ville du centre-nord du pays jugée plus
sécuritaire, nous a informé le
secrétaire général du Comité ivoirien de protection des
journalistes (CIPJ), Stéphane Goué.


Carte: La Croix

Contrôlée
par les rebelles pro-Ouattara depuis 2002, Bouaké est devenue une
ville refuge pour les Ivoiriens du sud-ouest, en particulier
d’Abidjan, depuis les élections de novembre dernier. Le nombre de
déplacés s’y accroît de jour en jour et atteindrait actuellement
8000, selon le Réseau pour la démocratie et le développement en
Afrique.

La
plupart arrivent par la route, à bord d’autobus et de bétaillères
bondés. C’est le cas des familles de plusieurs des journalistes
évacués par avion aujourd’hui. Mais, pour les reporters, il n’est
pas question d’emprunter la voie terrestre. «Le risque de se faire
reconnaître à un barrage et de ne jamais arriver à destination est
trop important», explique Stéphane Goué, lui-même resté à Abidjan pour veiller à l’évacuation d’autres journalistes.

Le sud-ouest du pays se vide pour laisser place à ce qui
ressemble de plus en plus à l’affrontement final entre les
partisans d’Alassane Ouattara, le président reconnu par la
communauté internationale, et les hommes de Laurent Bagbo, le
président sortant. Venus du nord du pays, les rebelles pro-Ouattara
ont progressé rapidement au cours des trois derniers jours et sont
désormais aux portes d’Abidjan.

Depuis
le début de la crise politique ivoirienne, le personnel des médias
locaux est directement pris pour cible par les deux partis. Deux
personnes travaillant pour des médias jugés pro-Gbabgo ont été
sauvagement assassinées par les partisans du camp opposé. Les
journalistes étrangers ont également reçu de sérieuses mises en
garde du gouvernement Gbabo qui les accuse de véhiculer de fausses
informations et de prendre parti pour les rebelles.


Voir aussi:

Les journalistes ivoiriens veulent être évacués

Côte d’Ivoire: les journalistes étrangers dans la mire

Côte d’Ivoire: la situation des journalistes est “gravissime”


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