Comme
lors du décès de la musicienne Lhasa de Sela en janvier ou celui de
Michael Jackson il y a un an, la twittosphère a encore une fois été
la première à répandre la nouvelle du décès du ministre Claude
Béchard hier.

Il
n’a fallu que quelques mots du ministre Sam Hamad à l’antenne du
98,5FM, relayés par le député libéral Denis Coderre, pour que la
nouvelle se répande comme une traînée de poudre en quelques
secondes. Il a cependant fallu
attendre près d’une heure pour que l’information soit confirmée par
Cyberpresse puis par Radio-Canada. TVA et Canoe n’ont suivi que plus
tard en soirée.

Comme
lors du décès de la musicienne Lhasa de Sela en janvier ou celui de
Michael Jackson il y a un an, la twittosphère a encore une fois été
la première à répandre la nouvelle du décès du ministre Claude
Béchard hier.

Il
n’a fallu que quelques mots du ministre Sam Hamad à l’antenne du
98,5FM, relayés par le député libéral Denis Coderre, pour que la
nouvelle se répande comme une traînée de poudre en quelques
secondes. Il a cependant fallu
attendre près d’une heure pour que l’information soit confirmée par
Cyberpresse puis par Radio-Canada. TVA et Canoe n’ont suivi que plus
tard en soirée.

Pour
Geoffroi Garon, expert-conseil et anthropologue du Web social, grâce
à la suppression de plusieurs intermédiaires, Twitter accentue le
phénomène de l’information en continu en réduisant la zone tampon
entre l’émergence de la nouvelle et sa diffusion. En fait, il
redéfinit la notion d’instantanéité et oblige les diffuseurs
traditionnels d’informations à se réajuster s’ils ne veulent pas
disparaître.

Quel doit être le rôle des
journalistes sur Twitter?

Pour
la professeure Colette Brin du département d’information et de
communication de l’Université Laval, les journalistes se
doivent d’être présents sur Twitter et de s’intégrer à la
communauté, car c’est un moyen de se tenir au courant en temps réel
de ce qu’il se passe. Néanmoins, l’information qui y circule n’est
pas toujours crédible. De fait, ils doivent utiliser le
réseau pour nuancer et préciser l’information, ou l’infirmer quand
elle est inexacte.

C’est
le mandat qui a été confié à quelques journalistes de
Radio-Canada qui travaillent main dans la main avec l’équipe de
validation (le «vetting» dans le jargon) de la chaîne. «Twitter est une filière
de plus par laquelle circule l’information. Elle nous oblige à
réorganiser notre travail notamment en créant des regroupements de
journalistes dédiés au Web», explique Alain Saulnier, le directeur général de
l’information de Radio-Canada.

Twitter ou pas, seule la
crédibilité a de l’avenir

Pour
lui, la rapidité extrême qu’impose le réseau social et la
multiplication des sources qu’il engendre n’éclipse pas les réseaux
d’information en continu auparavant maîtres du breaking news. Au contraire: il les renforce. «Il y a
toutes sortes de bêtises qui circulent sur Twitter, alors que RDI,
la marque Radio-Canada qui est derrière, est garante de rigueur et
de véracité.» Dans ce contexte, «seuls les journalistes et les
médias qui sauront faire la démonstration de leur crédibilité ont
un avenir», insiste-t-il.

Même
son de cloche du côté de Colette Brin pour qui «plus on est
bombardé d’information, plus on a besoin de sens. Twitter augmente
donc les exigences du public pour un journalisme d’analyse, de fond
et soumis à des règles déontologiques précises».

Pour
toutes ces raisons, Colette Brin estime que, même en étant le
premier à diffuser la nouvelle, Twitter ne saurait remplacer les
réseaux d’information en continu comme CNN, RDI ou LCN. Ce d’autant
plus que le réseau social demeure un phénomène de niche teinté
d’un biais évident. «C’est une communauté qui a un regard très
particulier sur le monde du fait que ses membres sont essentiellement
des journalistes, des experts ou des amateurs de technologie, donc
elle ne peut constituer une source principale d’information.»

Voir aussi: Commission Bastarache – la couverture du Twitter est-elle utile?

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