Alors que Rogers et les Éditions Voir ferment des médias, deux nouveaux sites d'information émergent: le curateur d'information Les News et le quotidien en ligne Le République qui sera dédié aux reportages de fond et à l'enquête journalistique.

Voir aussi: Dure semaine pour le journalisme au Québec

Alors que Rogers et les Éditions Voir ferment des médias, deux nouveaux sites d'information émergent: le curateur d'information Les News et le quotidien en ligne Le République qui sera dédié aux reportages de fond et à l'enquête journalistique.

Les News: le pragmatique

Après avoir fondé LaPresseAffaires.ca et Technaute.ca, dirigé Argent, Canoë, L'actualité, Les Affaires et la Revue Commerce, Gilles Lajoie s'est lancé sans filet dans la création de Les News au cours de l'hiver. Avec ce site complètement indépendant, il souhaite s'adresser à des gens dont le web est la première source d'information, des jeunes professionnels désireux de participer au débat public.

Afin de les attirer, Les News tente de se construire une niche en concentrant sa couverture à la politique, aux affaires, à la technologie, aux faits divers et au hockey, soit «des créneaux où les gens s'impliquent et ont une opinion», explique Gilles Lajoie. L'objectif est d'offrir un concentrer d'information à consommation rapide – d'où le slogan: «L'expresso de l'information» – via l'agrégation et la curation de contenus. La création de contenus originaux est également dans les plans.

Pour y parvenir, le site emploie pour le moment deux personnes – Gilles Lajoie et le journaliste Gilles Des Roberts – ainsi qu'une stagiaire. En parallèle, il compte sur la contribution de quelques blogueurs non rémunérés chargés d'alimenter la conversation. Parmi eux, on compte notamment la cofondatrice et présidente de Yulbiz, Michelle Blanc, l'ex-conseiller de Mario Dumont, Guy Mathieu Leroux, et le romancier Laurent Chabin.

Le modèle d'affaires de Les News repose sur la vente de publicité et exclu le web payant. Gilles Lajoie est convaincu qu'il y a un marché dynamique pour ce type de site niché et soutenu par une communauté d'internautes engagés. Toutefois, compte tenu de la petitesse du marché québécois, il estime que la réussite du projet dépend d'une structure de coût réduite. Il est donc peu probable que ce nouveau média s'appuie un jour sur une salle de rédaction similaire à celles des médias imprimés.

Le République: l'idéaliste

Pour Gilles Lajoie, c'est d'ailleurs cette lourde structure qui a causé la perte de Rue Frontenac, tel qu'il avait été conçu par les journalistes en lock-out du Journal de Montréal. Basé sur la publicité, le site générait des revenus publicitaires insuffisants pour financer une salle de rédaction complète. Racheté par l'homme d'affaires Marcel Boisvert l'été dernier, il a disparu sous la bannière LaMétropole.com

L'aventure Rue Frontenac en a cependant fait rêver plus d'un, dont l'activiste Luc Lefebvre qui souhaite en retrouver la flamme en fondant Le République. Connu pour son implication auprès de QuébecLeaks, l'ex-militant péquiste estime que «la concentration et le système de propriété des médias engendrent la non-publication de centaines d'informations, au profit du journalisme de divertissement jugé plus rentable».

Pour y remédier, il travaille avec deux associés à la création d'un média indépendant orienté vers les affaires publiques québécoises, l'enquête et l'analyse. Il souhaite que Le République s'inscrive dans la mouvance du muckraking journalism, un journalisme de dénonciation qui tient en joug les décideurs.

Des trois fondateurs, aucun n'est journaliste. Ils souhaitent donc se concentrer sur le volet développement des affaires et de la technologie, et laisser aux reporters – des pigistes rémunérés au tarif préconisé par l'AJIQ – le contrôle du volet éditorial du site. Suivant le modèle d'une coopérative, la moitié de l'entreprise appartiendra aux reporters et l'autre à République Média. Pour le moment, la jeune société bénéficie de l'investissement personnel des fondateurs et d'une subvention de 40 000 dollars du SAJE, organisme qui aidera également à ficeler le plan d'affaires. Elle collectera également des fonds via KickStarter pour impliquer le grand public au projet.

 

 

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