C’est ce que semble conclure la firme Influence
Communication de sa revue annuelle de l’actualité et du travail des
médias. Publié aujourd’hui, le bilan 2010 du courtier en
information révèle que le sport a occupé près de 20% de tout ce
qui s’est dit dans l’actualité cette année. 10 des 15 nouvelles de
l’année concernent en effet le sport, ou plutôt le Canadien de
Montréal, et la personnalité médiatique de l’année est l’ancien
gardien de but de l’équipe, Jaroslav Halak.

Face à ce constat, l’entreprise se
questionne: «si nos médias sont le reflet de notre démocratie,
qu’est-ce qui ne tourne pas rond? Est-ce
simplement le miroir d’une société sans histoire qui cherche un
exutoire collectif ?». Le diagnostic
d’Influence Communication: «le cynisme est devenu un moteur de
premier plan dans l’opinion publique». Une maladie qui se manifeste
par «la recherche constante de motivations cachées aux actes ou aux
paroles de la plupart des observateurs politiques, sociaux et
économiques».

C’est ce que semble conclure la firme Influence
Communication de sa revue annuelle de l’actualité et du travail des
médias. Publié aujourd’hui, le bilan 2010 du courtier en
information révèle que le sport a occupé près de 20% de tout ce
qui s’est dit dans l’actualité cette année. 10 des 15 nouvelles de
l’année concernent en effet le sport, ou plutôt le Canadien de
Montréal, et la personnalité médiatique de l’année est l’ancien
gardien de but de l’équipe, Jaroslav Halak.

Face à ce constat, l’entreprise se
questionne: «si nos médias sont le reflet de notre démocratie,
qu’est-ce qui ne tourne pas rond? Est-ce
simplement le miroir d’une société sans histoire qui cherche un
exutoire collectif ?». Le diagnostic
d’Influence Communication: «le cynisme est devenu un moteur de
premier plan dans l’opinion publique». Une maladie qui se manifeste
par «la recherche constante de motivations cachées aux actes ou aux
paroles de la plupart des observateurs politiques, sociaux et
économiques».

Selon le président d’Influence
Communication, Jean-François Dumas, «jamais
depuis le début des années 2000 le sport, en particulier le hockey,
n’a pris une telle ampleur dans nos médias». «C’est à croire
qu’il n’y a pas de controverse, pas de scandale, pas de pétition
contre le gouvernement, c’est à croire que la santé va bien et
qu’il ne se passe rien à l’internationale», s’indignait-il dans les
pages du Devoir
le
mois dernier.

D’où
viennent les chiffres?

Mais
le professeur Thierry Giasson du département d’information et de
communication de l’Université Laval est sceptique. Pour lui, il est
difficile de donner un quelconque crédit au diagnostic d’Influence
Communication, car ses méthodes d’analyse sont opaques. En effet, si
le bilan fourmille de chiffres, le résumé de sa méthodologie de
recherche n’en contient aucun, pourtant le poids média est un indice
quantitatif. Un indice qui par ailleurs ne tient pas compte du ton de
la couverture ni de la valeur des arguments.

Pour
Thierry Giasson, Influence Communication ne
souligne que des tendances que toute personne qui suit moindrement
l’actualité est apte à déceler elle-même. Par exemple, le poids
médiatique du sport était fort prévisible: «le Canadien s’est
rendu très loin en séries éliminatoires, le Canada a accueilli les
Jeux olympiques d’hiver et Québec se mobile pour le retour des
Nordiques, c’est normal qu’on en parle», résume-t-il.

Sommes-nous cyniques?

Le professeur de communication
politique souligne par ailleurs que, même si 2010 n’a pas été une
année électorale, la politique n’a pas été éclipsée de
l’actualité. En témoignent les fortes cotes d’écoute de la
commission Bastarache et la portée des enquêtes journalistiques sur
les liens entre les milieux de la politique et de la construction. De
fait, Thierry Giasson ne croit pas que le cynisme soit le mal de
l’heure au Québec. «Si on était cynique, on décrocherait. Or, on
est plus critique et plus exigeant que jamais à l’égard de nos
politiciens.»

Par contre, comme Influence
Communication, il estime que les médias se sont intéressés
davantage aux stratégies des acteurs politiques et aux zones
d’ombres du monde politique qu’à la chose politique elle-même, au
travail législatif et parlementaire notamment. Mais pour lui, ça fait partie
du rôle de chien garde des journalistes et c’est une manifestation
d’indépendance de leur part face au contrôle de l’information
politique.

«Les médias couvrent ce qu’on leur
permet de couvrir. Or, il est de plus en plus difficile d’avoir accès
aux sources politiques, les hauts fonctionnaires par exemple.» Le
mois dernier, la FPJQ a en effet remis le prix de la noirceur 2010 au
Premier ministre Stephen Harper qui refuse de répondre aux questions
en conférence de presse et muselle les fonctionnaires fédéraux.

Plusieurs études américaines ont
associé le cadrage sur les stratégies des acteurs au cynisme et au
désengagement politique,
mais Thierry Giasson est sceptique. Dans un texte intitulé «Les
médias et le malaise démocratique au Canada
» publié en 2003, il
suggère de repenser le lien entre médias et cynisme.

«Certains
auteurs ont proposé récemment de repenser cette question dans la
perspective plus vaste du déclin de la confiance non pas seulement
dans les institutions gouvernementales, mais dans à peu près toutes
les institutions, incluant les médias. La confiance dans les médias
et les institutions gouvernementales présente en effet le double
caractère d’être faible et d’avoir chuté simultanément»,
écrit-il.

Au
Québec, moins de la moitié des gens (40%) jugent que «les
journalistes sont indépendants, c’est-à-dire qu’ils résistent
aux pressions des partis politiques et du pouvoir politique», ainsi
qu’«aux pressions de l’argent», selon le Baromètre
des médias 2010

de la Chaire de recherche en éthique du journalisme de l’Université
d’Ottawa.

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