Le
journaliste Jean-François Lepine de Radio-Canada, son caméraman,
Sylvain Castonguay, et leur interprète ont
été violemment attaqués par des manifestants en Égypte lors d’un
affrontement au Caire. Sans l’intervention de l’armée, toute
l’équipe aurait probablement été battues à mort, a confié le
journaliste à l’antenne de RDI.

Le
journaliste Jean-François Lepine de Radio-Canada, son caméraman,
Sylvain Castonguay, et leur interprète ont
été violemment attaqués par des manifestants en Égypte lors d’un
affrontement au Caire. Sans l’intervention de l’armée, toute
l’équipe aurait probablement été battues à mort, a confié le
journaliste à l’antenne de RDI.

Sans
raison apparente, la foule s’en est d’abord pris à l’interprète.
L’équipe a alors tenté de quitter les lieux, mais Sylvain
Castonguay a reçu un coup de poing au visage, puis «il y a eu
comme une hystérie collective et, honnêtement, on en a vu, Sylvain
et moi, des situations périlleuses, mais là ça a été terrible,
incontrôlable», a expliqué le journaliste.

Raccompagné à son
hôtel par les militaires, il a indiqué que des rumeurs laissaient
craindre une attaque de l’hôtel, très fréquenté par les médias
étrangers, pendant la nuit.

Selon
Jean-François Lépine, les affrontements en Égypte ont pris un
tournant beaucoup plus violent aujourd’hui et «les journalistes sont
des cibles absolument directes». «On a l’impression que c’est même
un ordre qui a été donné aux manifestants violents», croit-il.

D’après les témoignages recueillis par son équipe, le régime
Moubarak aurait en effet émis un ordre en ce sens pour prouver à la
communauté internationale que le mouvement de contestation peut
tourner au chaos et qu’il est le seul à pouvoir rétablir et
maintenir l’ordre.

Outre
l’équipe de Radio-Canada, des journalistes de la
BBC,
d’Al-Jazeera, de CNN, d’Alarabiya et d’ABC News ont aussi été
violemment pris à partis aujourd’hui par les manifestants. Le
journaliste Serge Dumont qui couvre la région pour Le Soir, Le Temps
et La Voix du Nord, a pour sa part été arrêté par les forces de
l’ordre après avoir été agressé:

«J’ai
reçu un v
erre
d’eau, du Nil
,
m’ont-ils dit, pour que j’attrape la

diarrhée.
Je suis sous la garde de deux militaires, avec

kalachnikovs et baïonnettes
.
Ils disent que je vais être emmené auprès des services secrets.
Ils me reprochent d’être un

espion», a-t-il confié au Soir.

«Ces
agressions apparaissent comme autant d’actes de vengeance contre la
presse internationale qui a relayé les manifestations demandant la
démission du président Moubarak. Elles sont également une manière
de faire taire les journalistes et de museler l’information», a
déclaré le secrétaire général de Reporters sans frontières,
Jean-François Julliard, par voie de communiqué.

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