Dans son éditorial
du jour, le Globe and Mail appelle ses lecteurs à voter pour
le Parti conservateur de Stephen Harper en prévision du scrutin de
lundi. Au moment d’écrire ces lignes, plus de 4000 internautes
avaient commenté cette prise de position du journal sur son site.
Beaucoup critiquent la démarche et annoncent qu’ils se désabonnent
du quotidien.

Dans son éditorial
du jour, le Globe and Mail appelle ses lecteurs à voter pour
le Parti conservateur de Stephen Harper en prévision du scrutin de
lundi. Au moment d’écrire ces lignes, plus de 4000 internautes
avaient commenté cette prise de position du journal sur son site.
Beaucoup critiquent la démarche et annoncent qu’ils se désabonnent
du quotidien.

Pour plusieurs,
un média n’a par ailleurs pas à endosser un parti politique, car son
mandat est de rapporter la nouvelle et non pas d’en être un acteur.
John Geiger, du comité éditorial du Globe, répond que son
journal prend position en campagne électorale depuis sa fondation en
1844 – la majorité des grands quotidiens se prête au même exercice. Il précise toutefois que ceci n’engage pas la salle de
rédaction qui est complètement non-partisane. Ainsi, depuis 1953,
le Globe and Mail s’est rangé 14 fois derrière les
conservateurs et 6 fois derrière les libéraux.

Beaucoup
des opposants à l’éditorial du
Globe
and Mail
en ont surtout
contre les politiques du Parti conservateur et son attitude à
l’égard de la démocratie et des médias: «Le
Globe
approuve le mépris pour la démocratie et la culture du secret.
C’est non seulement du journalisme paresseux, mais c’est en soi du
mépris pour électeurs canadiens», écrit Canadaman. «Pour l’amour
de Dieu, il prend seulement cinq questions par jour des médias, dont
vous faites apparemment partie… Vous devez faire face à une grande
pression pour imprimer ces horreurs», écrit JayRoc5000.

La
stratégie de communication très serrée de l’équipe conservatrice
n’a pas cessé de faire grincer des dents dans le camp journalistique
depuis le début de la campagne électorale. Les points de presse de
Stephen Harper se résument inévitablement à 15 minutes au cours
desquelles il ne répond qu’à cinq questions triées sur le volet et
n’autorise aucune question de relance. Une manière de faire qui
s’était déjà installée avant la campagne.

En
juin 2010, des regroupements de journalistes de tout le pays ont
ainsi signé une lettre ouverte pour dénoncer un contrôle de
l’information menant à «une lente et certaine érosion de la
démocratie»: «Les ministres et les fonctionnaires sont muselés.
Les demandes d’accès à l’information sont ralenties et parfois
bloquées après intervention politique. La transparence a cédé le
pas à une forme de propagande léchée dont l’objectif est de
manipuler l’opinion publique.»

Dans
cet esprit, en novembre 2010, la Fédération professionnelle des
journalistes du Québec a décerné à Stephen Harper le Prix de la
noirceur 2010, prix remis à une personne ou un organisme pour ses
atteintes et ses entraves à la liberté de presse.

Pour en savoir plus: Le bilan des conservateurs en matière de transparence, par David Patry de Rue Frontenac

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