Rencontre avec Danielle Stanton par Audrey Desrochers – texte paru dans l'Indépendant, bulletin d'information mensuel de l'AJIQ.

«Il faut ben manger…», affirme, d’un ton primesautier, la journaliste Danielle Stanton. Pourtant, elle ne s’est pas gênée pour refuser, récemment, un contrat qu’elle jugeait déraisonnable. Il s’agissait d’écrire un dossier complet, comprenant plusieurs volets, pour un magazine pour lequel elle a l’habitude de travailler. Voyant que la charge de travail était nettement trop importante compte tenu de la rémunération proposée, elle a simplement refusé.

Rencontre avec Danielle Stanton par Audrey Desrochers – texte paru dans l'Indépendant, bulletin d'information mensuel de l'AJIQ

«Il faut ben manger…», affirme, d’un ton primesautier, la journaliste Danielle Stanton. Pourtant, elle ne s’est pas gênée pour refuser, récemment, un contrat qu’elle jugeait déraisonnable. Il s’agissait d’écrire un dossier complet, comprenant plusieurs volets, pour un magazine pour lequel elle a l’habitude de travailler. Voyant que la charge de travail était nettement trop importante compte tenu de la rémunération proposée, elle a simplement refusé.

C’est que la journaliste, qui écrit entre autres pour le magazine L’actualité et le Elle Québec, se base sur deux principaux critères pour évaluer si un contrat est acceptable ou non: la recherche et le nombre d’entrevues demandées. «Par exemple, c’est beaucoup plus facile de faire de la recherche livret que des entrevues», explique-t-elle. Et il faut aussi que le sujet soit intéressant, original. «Sinon, à un moment donné, ça use… On se décourage…»

La latitude de négociation

Femme d’expérience, Danielle Stanton considère qu’elle peut désormais bien mesurer les conséquences d’un tel refus. Il est d’ailleurs important, selon elle, d’expliquer clairement sa décision au rédacteur en chef, et ce, dans les limites de la politesse, «même si on n’en a pas toujours envie!» Pourquoi? Parce que, sinon, il pourrait croire que de travailler avec lui ne semble pas intéressant. «Il ne sait pas ce qui se passe dans notre tête!», rigole-t-elle.

À ce sujet, la journaliste avoue par contre avoir une plus grande flexibilité que les jeunes pigistes. Les liens qu’elle a tissés avec les différents rédacteurs au fil de ses nombreuses années de pige lui donnent maintenant la possibilité de négocier plus ouvertement ses contrats… ou simplement de les refuser, comme ça a été le cas dernièrement. «Au bout de cinq ou six ans, les gens te veulent toi et sont prêts à faire plus de concessions». La notoriété est toutefois bien relative, nuance-t-elle. «J’ose, mais je ne gagne pas toujours. Les rédacteurs poussent aussi beaucoup, si on peut dire ça!»

Les conseils d’une doyenne

Lorsqu’on a une journaliste comme Danielle Stanton au bout du fil, on ne peut s’empêcher de lui demander conseil. Finalement, comment savoir si un contrat est acceptable? Celle qui se considère en plaisantant comme une des plus anciennes pigistes du Québec, «une vieille de la vieille», laisse entendre son hésitation avant de répondre. «Si un contrat est plate et demande beaucoup de travail, il faut que la paye soit là. Par contre, si le sujet est intéressant et stimulant, alors ça dépend toujours…» Bref, tout est relatif. Et il faut y trouver sa motivation.

Elle avoue ainsi accepter parfois des contrats qui, finalement, lui rapportent l’équivalent d’un dollar l’heure. C’est pourquoi selon elle la pige se résume en trois mots: ténacité, curiosité et humilité. «C’est un métier en montagnes russes où les patrons changent souvent et où il faut donc constamment faire ses preuves», précise-t-elle. Comme c’est plutôt ardu de percer et que les offres intéressantes se font parfois rares, les ressources des journalistes à la pige restent limitées. Et de toute façon, comme elle le répète, «on vaut toujours son dernier papier…»

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