Les autorités
françaises nient avoir versé une quelconque rançon financière ou
politique pour obtenir la libération des deux journalistes, Hervé
Ghesquière et Stéphane Taponier, rentrés en France aujourd’hui
après 18 mois de captivité dans les montagnes afghanes. Mais
plusieurs journalistes et spécialistes des relations internationales
démentent cette information évoquant une enveloppe financière et
des concessions politiques.

Les autorités
françaises nient avoir versé une quelconque rançon financière ou
politique pour obtenir la libération des deux journalistes, Hervé
Ghesquière et Stéphane Taponier, rentrés en France aujourd’hui
après 18 mois de captivité dans les montagnes afghanes. Mais
plusieurs journalistes et spécialistes des relations internationales
démentent cette information évoquant une enveloppe financière et
des concessions politiques.

Citant une source
dipomatique, Frédéric Helbert, grand reporter et consultant de la
BFMTV, affirme que plusieurs millions de dollars ont été versés
aux ravisseurs. La somme aurait été divisée en trois selon Le
Parisien
: les ravisseurs locaux, le commandement politique des
talibans installé au Pakistan, et leur commandement militaire de
Peshawar. En parallèle, la France aurait obtenu du gouvernement
afghan la libération de prisonniers talibans, une autre exigence des
ravisseurs.

Les journalistes
Christian Chesnot et Georges Malbrunot, pris en otage en Irak en
2004, évoquent eux aussi l’épineux sujet de la rançon, dans un
livre paru peu après leur libération. «Dans ce domaine, chaque
partie se tient la barbichette et aucune des deux ne voudra jamais
reconnaître l’existence d’une rançon», notent-ils tout en évoquant
plusieurs hypothèses quant au volet politique de leur propre
libération: liberté d’action des responsables salafistes en France,
attribution de visas, livraisons d’armes, de matériel d’écoute et
de transmission, etc.

Du côté
financier, les deux journalistes évaluent le prix d’un otage
occidental à deux millions de dollars. Mais, en 2006, le quotidien
britannique Time a révélé que les autorités françaises
avaient versé 25 millions de dollars pour obtenir
leur libération et celle de leur consœur, Flaurence Aubenas,
enlevée elle aussi en Irak en 2004.

Soucieux de ne
pas alimenter le «business des otages», plusieurs États
interdisent le versement de rançon. De fait, à chaque libération
d’otages, le gouvernement français nie avoir versé un sous aux
ravisseurs. Cependant, interrogé hier sur le sujet à France 2, le
chef de la diplomatie française, Alain Juppé, est resté vague. À
la question «Si la France avait payé une rançon, le diriez-vous?»,
il a répondu «Il y a des fois où la raison d’État l’emporte».

L’industrie du
kidnapping est un moyen pour de nombreux groupes de se financer. Si
bien qu’il existe désormais des entreprises spécialisées dans la
conduite de négociation avec les preneurs d’otages. «Trois ou
quatre sociétés dans le monde se partagent ce marché en pleine
expansion. Elles sont mandatées par les assurances ou les
entreprises, parfois par des gouvernements, des familles ou des ONG»,
rapporte le mensuel Rue89.

Voir aussi:

Otages en Afghanistan: deux journalistes français libérés

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