Il y a deux ans jour pour jour, la direction du Journal de Montréal déclenchait un lock-out. 731 jours plus tard, Quebecor n'est toujours pas parvenu à s'entendre avec ses syndiqués. En octobre dernier, 89,3% d'entre eux ont rejeté l'offre de règlement de conflit de leur patron. Depuis les négociations ont peu avancé, explique le président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM), Raynald Leblanc.

 

Il y a deux ans jour pour jour, la direction du Journal de Montréal déclenchait un lock-out. 731 jours plus tard, Quebecor n'est toujours pas parvenu à s'entendre avec ses syndiqués. En octobre dernier, 89,3% d'entre eux ont rejeté l'offre de règlement de conflit de leur patron. Depuis, les négociations ont peu avancé, explique le président du Syndicat des travailleurs de l'information du Journal de Montréal (STIJM), Raynald Leblanc.

«C'est l'enfer»

Les deux parties ont repris le dialogue mercredi dernier et plusieurs réunions de travail ont été planifiées, ajoute-t-il. Après deux ans sur le pavé, le photographe a cependant beaucoup de difficultés à employer le mot «espoir». «Tant que ce n'est pas fini, on demeure inquiet. Espérer, c'est risquer de tomber dans des abimes très difficiles à remonter.»

Raynald Leblanc ne cache pas l'impact désastreux du conflit sur le moral de ses troupes. «C'est l'enfer», laisse-t-il tomber. «Tout s'effondre quand tu perds ton travail. Au plan humain, c'est scandaleux. Il y a une grande violence dans un lock-out», nous confiait le journaliste Martin Bisaillon en octobre. Depuis, il a quitté le journalisme pour accepter un emploi en politique.

Il n'est pas seul à avoir tourné le dos à Quebecor. Si seulement deux personnes ont remis leur démission, plusieurs sont en effet allés travailler ailleurs et six à dix ont pris leur retraite, rapporte Raynald Leblanc. Le nombre de syndiqués en lock-out du départ, 253, est donc devenu «un symbole», avoue-t-il.

Québec à la rescousse

La semaine prochaine, Québec consacrera une commission parlementaire à ce conflit, désormais le plus long des trente dernières années dans la province. Les parlementaires tenteront d'en comprendre les causes et les conséquences et se pencheront plus spécifiquement «sur les dispositions anti-briseurs de grève prévues au Code du travail».

 

 

Le Parti Québécois a déposé un projet de loi pour moderniser la loi. Adoptées dans les années 1970, les dispositions anti-briseurs de grève actuelles ne permettent pas d'embaucher des travailleurs sur le site du lock-out, cependant elles ne prévoient pas le télétravail. Pour Raynald Leblanc, c'est une clef du conflit.

En effet, «si Quebecor peut faire durer ce lock-out, c'est avant tout parce qu'il a entre les mains plusieurs médias convergents», estimait cet automne la coalition représentant 3800 journalistes contre ce conflit. Tous les médias du groupe sont autant de bassins de travailleurs de remplacements pour le Journal de Montréal, puisque les contenus qu'ils produisent peuvent en remplir les colonnes.

 

Tout le monde en parle

La majorité des médias québécois soulignent aujourd'hui le second anniversaire de ce lock-out. Quelques textes:

JdeM: deux and de sa vie en lock-out, La Presse, Michèle Ouimet

Deux ans de lock-out au JdeM, la blâme à la CSN et à PKP, Les Affaires, René Vézina

730 jours…, Le Devoir, Stéphane Baillargeon (repris dans Le Courrier International)

 

Voir aussi:

Lock-out au JdeM: l'impact sur le moral des troupes

Convergence: la prise de conscience

 

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