Après neuf ans de purgatoire, l’enfant terrible de la radio de Québec animera la tranche horaire du midi dès le 3 mars sur les ondes d’NRJ 98.9, l’une des principales stations commerciales de la capitale nationale. Depuis les premières rumeurs hier après-midi, jusqu’à l’officialisation de la nouvelle ce matin, les commentaires vont bon train sur les réseaux sociaux.

Après neuf ans de purgatoire, l’enfant terrible de la radio de Québec animera la tranche horaire du midi dès le 3 mars sur les ondes d’NRJ 98.9, l’une des principales stations commerciales de la capitale nationale. Depuis les premières rumeurs hier après-midi, jusqu’à l’officialisation de la nouvelle ce matin, les commentaires vont bon train sur les réseaux sociaux.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

La nouvelle est tombée hier sous la plume de Josée Guimond au Soleil et de Pierre O. Nadeau au Journal de Québec.

«La station Bell Média de Québec a fait parvenir aux médias, mercredi, une convocation visant l’annonce «d’une importante acquisition d’une des personnalités radiophoniques les plus marquantes au cours des dernières décennies du Québec», raconte ce dernier. La machine à rumeur s’est vite emballée invoquant notamment les noms d’André Arthur et de Robert Gillet.»

Mais très vite, c’est cependant le nom de Jeff Fillion qui s’impose.

Contacté, le principal intéressé répond pourtant au Soleil ne pas être au courant, donc ne rien confirmer. Quant à Joël Rioux, directeur général de Bell Media Québec, il botte en touche, proposant à la journaliste, un sourire dans la voix, d’attendre la conférence de presse.

Les réseaux sociaux s’enflamment

Depuis, la fameuse conférence de presse a eu lieu et Jeff Fillion, qui n’était pas au courant hier, a confirmé qu’il serait bien sur les ondes d’NRJ Québec tous les midis, et ce, dès lundi.

Force est de constater que la nouvelle est loin de faire l’unanimité sur les réseaux sociaux, Twitter et Facebook. Certains fustigent le retour de la radio-poubelle à Québec, d’autres se disent désespérés ou ressortent les extraits les plus trashs de son précédent passage sur les ondes et se demandent si son arrivée juste avant de prévisibles élections ne serait dû qu’à un hasard de calendrier. Quand une poignée d’autres prédisent cependant qu’il sera numéro un des côtes d’écoute, dans les tous prochains mois.

Sans aller jusque-là, le directeur de l’information du Journal de Québec, Jean Laroche, estime que «le retour en ondes de l’enfant terrible Jeff Fillion bousculera de façon inattendue le paysage de Québec».

Les fidèles auditeurs de Dany Gagnon, détenteur jusque là de la tranche horaire qui revient à M. Fillion, n’hésitent pas, quant à eux, à dire tout leur mécontentement sur la page Facebook d’NRJ.

«Hé bien, je suis désolée de vous dire que je vais changer de poste le midi.. j’ai passé l'âge d’entendre que du bitchage sur un tel ou un tel…» (Mélanie Thibault)

«M’en vais aller voir ailleurs je crois bien, parce que cet animateur, je suis pas capable.» (Natacha Gagnon)

«Je comprends pas! Il a tellement craché sur vous dans le temps! Vous n’aviez vraiment plus aucune ressource?» (Marie-Claude Lachance)

«On va entendre chialer durant l’heure du lunch? Je vais laisser la chance au coureur mais je risque de switcher de poste de radio si c’est le cas!» (Raphaëlle Giasson)

«Mon dieu, les madames sont fâchées ici… gros moove de NRJ… ils vont perdre certaines ma tante, mais gagner des auditeurs… geste intelligent et calculé. (Francis Tremblay)

«Jeff de retour à la radio de Québec dès lundi prochain… quelle bonne nouvelle! Enfin autre chose que le gros Dupont le midi qui est tellement redondant… Welcome back Jeff, tu nous as manqué! (Renée-Joyce Simard)

«Je ne suis pas le même Jeff Fillion»

Un Stéphane Dupont, animateur du midi à CHOI Radio X, station de laquelle Jeff Fillion s’est fait licencier en 2005 provoquant sa longue traversée du désert, qui, interrogé par Matthieu Boivin du journal Le Soleil,  a affirmé que «le retour de l’enfant terrible de la radio sur les ondes traditionnelles est une très très très bonne nouvelle». Ajoutant que c’était sans doute le genre de concurrence qui lui manquait et que ça le pousserait «à en donner un peu plus.»

«Oui, on va peut-être se chicaner pour des auditeurs, mais la compétition, dans une business comme la nôtre, c’est toujours bon, a-t-il lancé. J’aime autant me battre contre Fillion le midi que de me battre contre un iPod que je connais pas.»

En conférence de presse ce matin, Jeff Fillion a affirmé avoir changé. «Je ne suis pas le même Jeff Fillion. Je veux suivre les règles qui sont imposées maintenant», a-t-il prévenu, avant d’expliquer son choix:

«Le projet qui m’a été présenté par NRJ m’intéressait grandement et correspondait à ce que je veux faire. Dès le début, je me suis senti en confiance avec les dirigeants du 98.9 et je suis très heureux de me joindre à cette équipe. C’est un grand privilège qui m’est offert et j’ai très hâte d’entrer en contact avec les auditeurs lundi.»

Une deuxième chance

L’animateur sera donc en direct tous les jours entre 11h30 et 13h30 dans une formule 100% parlée. Entouré de Doom Dumas, Nick Dallaire, Gerry Pizza,  ainsi que de nombreux chroniqueurs hebdomadaires, il proposera une émission d’actualité et des entrevues musclées.

Quoi qu’il en soit, et aussi surprenant que cela puisse paraitre, le principal appui médiatique en faveur du retour de Jeff Fillion est venu hier de Sophie Durocher, qui sur son blogue au Journal de Montréal, lui donne une deuxième chance et affirme même qu’elle va l’écouter.

«Je ne peux pas imaginer que Fillion n’a pas longuement réfléchi à l’impact de ses propos, de son intimidation, sur les victimes de son acharnement, écrit-elle. S’il est intelligent, il a compris qu’il a frappé les limites de ce qui est acceptable au Québec. S’il est intelligent, il a conservé sa fougue et sa volonté de défendre les valeurs du gars ordinaire, mais sans s’en prendre à la vie privée de femmes dont la tête ne lui revient pas.»

Rappelons que Jeff Fillion a été congédié de CHOI – Radio X en mars 2005, après plusieurs condamnations en diffamation, notamment pour des propos jugés «haineux, sexistes et malicieux» à l’encontre de l’animatrice Sophie Chiasson. Depuis 2006, il anime une émission sur une webradio appelée Radiopirate.

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