Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Brian Myles, est inquiet devant les agissements de certains policiers de Montréal à l’égard des journalistes, lors des manifestations de lundi et mardi, en marge du Sommet de l’enseignement supérieur.

 

Le président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Brian Myles, est inquiet devant les agissements de certains policiers de Montréal à l’égard des journalistes, lors des manifestations de lundi et mardi, en marge du Sommet de l’enseignement supérieur.

« C’est un état de consternation, a-t-il indiqué en entrevue à Projet J. À peine deux jours que les manifestations ont repris, et deux jours de dérapages entre les policiers et les journalistes. Ils ne peuvent pas invoquer la fatigue. »

Un photographe et caméraman de La Presse, Frédéric Guiro, a notamment été agrippé par un porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Daniel Lacoursière, qui lui reprochait de filmer de trop près. Il a ensuite menacé de l’arrêter pour entrave s’il ne respectait pas ses directives. La scène a été filmée et mise en ligne par La Presse.

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« Ce qui est surtout préoccupant, c’est le ton employé par M. Lacoursière, estime Brian Myles. Il est formé pour être en interaction avec les journalistes, et il sert une attitude de « je sais tout, tu ne sais rien » qui n’est pas appropriée. »

Brian Myles se dit d’autant plus préoccupé que plusieurs membres d’autres médias lui ont aussi confié que les policiers « avaient la mèche particulièrement courte » face aux journalistes pendant les manifestations. Un caméraman de CTV a notamment reçu des coups de matraque.

Pourtant, le SPVM avait été sensibilisé sur la question l’an dernier, lorsque des dérapages du genre étaient survenus pendant les manifestations étudiantes. De même, les journalistes avaient aussi été sensibilisés au fait de ne pas nuire au travail des policiers en se plaçant entre eux et les manifestants.

« Il faudra répéter des messages et rappeler certains à l’ordre, estime le président de la FPJQ. Les policiers n’aiment pas être filmés, mais ils devront réaliser que c’est une réalité en 2013. On ne s’attend pas à être à deux pouces d’eux, mais ils ont tendance à se donner un périmètre pas mal généreux. »

Le porte-parole du SPVM, Ian Lafrenière, a indiqué à La Presse qu’il prenait la situation au sérieux et qu’il allait faire des vérifications, mais qu’il ne voulait pas « faire de procès sur la place publique ».