Plus de sept ans après la disparition en Côte-d'Ivoire du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, le juge d'instruction français Patrick Ramaël est actuellement à Abidjan pour entendre un témoin clef dans ce dossier: le commandant Anselme Séka Yapo, l'ex-chef de sécurité de Simone Gbagbo, l'épouse du président ivoirien déchu, Laurent Gbagbo.

Plus de sept ans après la disparition en Côte-d'Ivoire du journaliste franco-canadien Guy-André Kieffer, le juge d'instruction français Patrick Ramaël est actuellement à Abidjan pour entendre un témoin clef dans ce dossier: le commandant Anselme Séka Yapo, l'ex-chef de sécurité de Simone Gbagbo, l'épouse du président ivoirien déchu, Laurent Gbagbo.

Au moment de sa disparition, en avril 2004, Guy-André Kieffer enquêtait sur l'industrie du cacao. De fil en aiguille, ses recherches ont éclaboussé des personnalités proches de la présidence de la Côte d'Ivoire, premier producteur mondial de la cabosse, et lui ont permis de tisser des liens entre cette industrie et le financement de ventes d'armes et de groupes rebelles du Liberia. D'après l'enquête menée par la justice française, l'hypothèse la plus plausible est qu'il aurait été enlevé et tué par un commando proche de l'ex-Première dame ivoirienne.

«"Séka Séka", déjà entendu comme témoin par le juge Ramaël en 2009, apparaît comme le coupable idéal dans cette affaire, accusé d’office dans la disparition de Kieffer par le gouvernement d’Alassane Ouattara et certains milieux français», écrit IvoireBusiness.net. Il était en effet «au centre des coups bas, des rapts, des assassinats et exactions du régime Gbagbo», note le quotidien local L'Observateur Paalga. Arrêté à l'aéroport d'Abidjan le 15 octobre, il a été «invité à se mettre à table», rapporte le journal.

Jusqu'à présent, le clan Gbagbo a nié toute implication de l'ex-Première dame dans le dossier Kieffer. Mais «comment l'entourage immédiat de Simone Gbagbo pourrait avoir fait le sale boulot sans que leur patronne en ait été informée ou ait donné son quitus», s'interroge L'Observateur Paalga. «Des noms devraient être sortis, dont on imagine difficilement l'absence de Simone Gbagbo», prévoit-il.

Après une décennie de règne Gbagbo, la Côte d'Ivoire panse actuellement ses plaies sous la présidence d'Allassane Ouattara. Une Commission dialogue, vérité et réconciliation a été mise en place fin septembre. Le couple Gbagbo est en détention de même que des dizaines de caciques de l'ancien régime. Ils sont poursuivis pour crimes économiques ou atteinte à la sûreté de l'État, en plus de faire face à une enquête de la Cour Pénal Internationale qui se penche sur les exactions commises autant par le camp Gbagbo que par le camp Ouattara pendant une violente crise politique qui a fait quelque 3000 morts entre décembre 2010 et avril 2011 suite aux élections présidentielles du 28 novembre 2010.

L'arrivée au pouvoir d'Allassane Ouattara, qui a promis de «mettre un terme à l’impunité en Côte d’Ivoire et construire un État de droit», a ravivé l'espoir que la disparition de Guy-André Kieffer soit enfin élucidée. Le juge Patrick Ramaël s'est rendu plusieurs fois à Abidjan dans le cadre de son enquête – sa dernière visite remonte à mai dernier. Cette fois, il doit y passer deux semaines. Il posséderait «une liste de 16 personnes dont des militaires qui pourraient être inculpés», indique afreekelection.com

 

Voir aussi:

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