Par Audrey Desrochers

Tout comme dans le milieu de la presse écrite, être pigiste en télévision nécessite des reins solides. Les contrats pullulent, mais la compétition est inexpiable. Entrevue avec Marie-Claude Lavoie, qui travaille présentement à l'émission Belle et Bum à Télé-Québec.

Par Audrey Desrochers – Texte paru dans L'Indépendant

Tout comme dans le milieu de la presse écrite, être pigiste en télévision nécessite des reins solides. Les contrats pullulent, mais la compétition est inexpiable. Entrevue avec Marie-Claude Lavoie, qui travaille présentement à l'émission Belle et Bum à Télé-Québec.

Entre deux appels et maints courriels, Marie-Claude Lavoie trouve quelques minutes pour raconter les hauts et les bas de son métier. Derrière la caméra, l'ambiance n'est pas toujours rose. Celle qui a été recherchiste pour plusieurs émissions reste cependant optimiste: pour survivre dans la jungle télévisuelle, il faut de la volonté et de la confiance en soi.

«La compétition est très forte, il faut toujours que tu prouves pourquoi on t'engagerait toi plutôt qu'un autre», explique-t-elle. Pour obtenir des contrats intéressants, il faut se faire valoir. Selon la jeune femme, la différence entre un bon contrat ou un projet moins intéressant réside dans la latitude que laissent les patrons aux pigistes. Difficile de travailler avec un boss dans le dos. «Un bon contrat en serait donc un qui me permet de me réaliser, d'avoir de l'autonomie, note-t-elle. Il me faut de la liberté, je n'aime pas être une exécutrice».

Reste que selon elle, même lorsqu'un contrat est moins profitable, chacun tire son épingle du jeu. Parce que, la pige, c'est une histoire de bonnes relations et de contacts. «En télé, il y a de l'argent. Si tu as un contrat moins intéressant, la paye rend la chose moins plate», badine-t-elle. En moyenne, un pigiste du petit écran qui travaille à temps plein gagne entre 50 000 dollars et 70 000 dollars par année.

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L'envers du décor

Marie-Claude Lavoie considère la rémunération forfaitaire comme une possibilité qui permet de concilier travail et famille. Et cette option guide ses choix de contrat. «[Avec ce type de paye], peu importe comment tu gères ton horaire, si ta job est faite, tout est correct!» Elle raconte qu'elle apporte souvent du travail à la maison. Quand sa petite fille est couchée, elle peut s'avancer.

La famille étant désormais un aspect important de sa vie, l'instabilité du métier lui apporte davantage de stress. De passer d'un contrat à l'autre, d'être constamment à l'affût des différentes perspectives d'emploi et de ne pas toujours connaître ce que l'avenir lui réserve, la pousse à envisager une réorientation de carrière. Après 14 ans dans le milieu, elle aimerait explorer l'autre côté du miroir et travailler comme… relationniste. La compétition y est tout aussi forte, mais Marie-Claude Lavoie est prête pour de nouveaux défis. Avant de retourner à ses courriels, elle lance d'un air aguerri: «La pige en télé, c'est un milieu sauvage. Il faut se mettre un casque de hockey!».