En mai prochain, Audrey Raby et son équipe publieront la première édition de L’Avant-Garde, un magazine bimensuel destiné à la communauté militaire de la région de Québec. Un potentiel de 40 000 lecteurs a été estimé.

En mai prochain, Audrey Raby et son équipe publieront la première édition de L’Avant-Garde, un magazine bimensuel destiné à la communauté militaire de la région de Québec. Un potentiel de 40 000 lecteurs a été estimé.

Par Samuel Larochelle

Le contenu rédactionnel du magazine visera à informer et conseiller les militaires et leurs familles sur le bien-être, la santé, la nutrition, le sport, l’histoire, les finances, l’immobilier, les voyages, les sorties, les automobiles, la technologie, la culture, en plus de faire le portrait de certains métiers des Forces armées canadiennes et d’écrire du contenu à saveur militaire. « Les militaires vivent dans un environnement fermé et doivent composer avec des problèmes très sérieux. Ils ont besoin de décompresser de plusieurs façons, explique la rédactrice en chef Audrey Raby. Notre but sera de mettre le doigt sur le type d’activités et d’informations qui peuvent les toucher. »

Quelque 8 000 copies du premier numéro de L’Avant-Garde seront imprimées. « Avec une moyenne de 7 200 personnes employées à la base militaire de Valcartier, les réservistes, les familles, les vétérans et tous les civils qui travaillent sur les lieux, on envisage atteindre 40 000 lecteurs », précise-t-elle.

Au moment d’entreprendre les démarches pour créer L’Avant-Garde, la rédactrice en chef a demandé la collaboration des Forces armées canadiennes. « Le magazine n’est pas là pour faire la promotion de leur administration, mais j’ai parlé avec eux de certains sujets en rapport avec ce qu’ils font sur la base. Par exemple, si je veux écrire un papier sur les outils fournis aux militaires pour gérer un choc post-traumatique, je dois passer par Ottawa pour être aiguillée. Je suis traitée comme n’importe quel autre média. »

Ainsi, Audrey Raby n’hésitera pas à parler de sujets que n’aborderaient pas les Forces armées dans leurs publications internes. « Par exemple, je prépare un papier où des sexologues donnent des conseils pour survivre à un déploiement de six à neuf mois. Je n’aurais sans doute pas pu me permettre un tel article dans un journal militaire, mais ma position de civile me permet d’en parler. C’est un sujet presque rigolo qui touche toute la communauté. »

Même si elle prévoit aborder des thématiques plus délicates, elle ne croit pas que les Forces armées lui mettront des bâtons dans les roues. « C’est certain que les Forces armées pourraient suggérer de ne plus distribuer le magazine, mais elles ne peuvent pas empêcher les militaires de le lire. On a besoin d’une période d’adaptation pour s’observer de part et d’autre. Quand j’aurai mérité leur respect, les choses vont bien aller »

Audrey Raby a l’habitude de côtoyer des militaires. Après avoir obtenu son diplôme en communications au Cégep de Jonquière en 2004 et avoir collaboré avec plusieurs magazines européens pendant des années, elle a conçu et agit à titre de rédactrice en chef du magazine de l’OTAN à Bruxelles, en tant que gestionnaire de projet indépendante. « À l’automne 2010, on m’a demandé de créer une équipe de journalistes, de graphistes, de photographes et de relecteurs pour lancer un magazine en moins de deux mois. J’ai dû trouver les annonceurs pour que ce soit rentable dès le premier numéro. La publication offrait un soutien aux nombreux expatriés qui travaillaient pour l’OTAN à Bruxelles. Comme je voyais moi-même la ville avec des yeux d’étrangères, je savais comment parler à un public qui avait un parcours similaire au mien, qui devait repartir de zéro et se créer une nouvelle vie. »

Cependant, elle affirme avoir hésité avant de se lancer dans l’aventure. « Je me disais que ce n’était pas dans mes cordes. Depuis le début de ma carrière, j’écrivais beaucoup sur des sujets lifestyle comme la gastronomie, les voyages ou le design. Je voyais mal ce que je pouvais couvrir pour eux. Mais j’ai vite compris qu’ils avaient besoin d’aide pour choisir l’école de leurs enfants, de suggestions pour faire leurs achats, d’idées d’activités pour décompresser, etc.  »

Son expérience avec l’OTAN lui a d’ailleurs permis de mieux comprendre la mentalité des militaires. « Ce sont des hommes et des femmes qui prennent un engagement au risque de perdre la vie pour défendre des idées en lesquelles ils croient. Au début, je me faisais regarder de travers en tant que civile. Plusieurs devaient se dire que je ne pouvais pas les comprendre. Mais avec le temps, lorsqu’ils ont vu ce que je pouvais accomplir pour eux, ils m’ont accordé leur respect. Ce sont des gens loyaux et très fidèles. »  

 
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