Grâce à l’informatique, les blogueurs ont les moyens d’alerter le monde sur la réalité de leur pays. Mais ils se heurtent à des régimes qui ne leur font pas de cadeaux.

Les blogueurs qui se sont réunis les 27 et 28 juin dernier, à Budapest,
à l’occasion du Sommet des médias citoyens organisé par Global Voices
Online, ne ressemblaient pas à l’image qu’on s’en fait habituellement.
Ces représentants d’un réseau mondial de plus en plus important,
composé de journalistes citoyens et de “cyberagitateurs”, avaient l’air
plutôt studieux, un brin morose, pas vraiment cool – ce qui est
pourtant un trait essentiel aux yeux de nombreux blogueurs. Ils ont eu
des débats enflammés sur le filtrage d’Internet, les violations des
droits de l’homme, l’avenir de la liberté d’expression.

A en juger par la diversité des pays représentés au sommet de
Budapest – il y avait là des blogueurs venus de pays aussi divers que
la Mauritanie, la Colombie, le Bangladesh et le Tadjikistan –, le
phénomène qu’ils incarnent est authentiquement planétaire. Même dans
des pays où l’accès à Internet est encore peu répandu, les blogs
peuvent jouer un rôle important car ils fournissent des moyens
d’expression à la contestation et influent sur les médias
traditionnels. Par exemple, des blogueurs kényans ont établi des
synergies avec les journalistes des radios nationales, qui désormais
utilisent régulièrement leurs blogs pour préparer leurs émissions.

La réunion de Budapest constitue l’une des retombées les plus
intéressantes de la révolution Internet : la démocratisation radicale
des échanges d’idées à l’échelle de la planète. La technologie, les
idées et les processus qui ont permis l’émergence des blogs, des
réseaux communautaires et de projets collectifs comme Wikipedia,
donnent aussi à de nombreux intellectuels non conventionnels,
jusqu’alors en marge du débat public, un espace d’expression qui leur
permet de toucher un public assidu (même s’il est parfois très peu
nombreux). L’universitaire et blogueur Daniel W. Drezner a appelé cette
nouvelle génération – libérée des contraintes habituelles du monde
universitaire, travaillant à son compte et armée du moteur de recherche
Google – les “intellectuels 2.0”.

Mais ne devrait-on pas plutôt parler de “dissidents 2.0” ? On a pu
s’en apercevoir lors de la conférence de Budapest, car une large part
de la blogosphère est l’héritière directe de la génération de ceux qui
cherchaient à “dire la vérité au pouvoir”. Le maire de Budapest, Gábor
Demszky, ancien dissident, a été l’un des premiers à accueillir
certains des blogueurs de Global Voices. Les stencils utilisés pour
polycopier des documents antigouvernementaux en Europe centrale et
orientale, aujourd’hui conservés dans les archives de l’Open Society de
Budapest, ne font qu’ajouter à ce sentiment qu’il existe des analogies
entre le blog et le samizdat [ouvrage publié clandestinement]. Un jour
ou l’autre, un portable Apple ou Lenovo ayant appartenu à un blogueur
dissident biélorusse ou ouzbek trouvera sa place à côté de ces
stencils.


Grâce à l’informatique, les blogueurs ont les moyens d’alerter le monde sur la réalité de leur pays. Mais ils se heurtent à des régimes qui ne leur font pas de cadeaux.

Les blogueurs qui se sont réunis les 27 et 28 juin dernier, à Budapest,
à l’occasion du Sommet des médias citoyens organisé par Global Voices
Online, ne ressemblaient pas à l’image qu’on s’en fait habituellement.
Ces représentants d’un réseau mondial de plus en plus important,
composé de journalistes citoyens et de “cyberagitateurs”, avaient l’air
plutôt studieux, un brin morose, pas vraiment cool – ce qui est
pourtant un trait essentiel aux yeux de nombreux blogueurs. Ils ont eu
des débats enflammés sur le filtrage d’Internet, les violations des
droits de l’homme, l’avenir de la liberté d’expression.

A en juger par la diversité des pays représentés au sommet de
Budapest – il y avait là des blogueurs venus de pays aussi divers que
la Mauritanie, la Colombie, le Bangladesh et le Tadjikistan –, le
phénomène qu’ils incarnent est authentiquement planétaire. Même dans
des pays où l’accès à Internet est encore peu répandu, les blogs
peuvent jouer un rôle important car ils fournissent des moyens
d’expression à la contestation et influent sur les médias
traditionnels. Par exemple, des blogueurs kényans ont établi des
synergies avec les journalistes des radios nationales, qui désormais
utilisent régulièrement leurs blogs pour préparer leurs émissions.

La réunion de Budapest constitue l’une des retombées les plus
intéressantes de la révolution Internet : la démocratisation radicale
des échanges d’idées à l’échelle de la planète. La technologie, les
idées et les processus qui ont permis l’émergence des blogs, des
réseaux communautaires et de projets collectifs comme Wikipedia,
donnent aussi à de nombreux intellectuels non conventionnels,
jusqu’alors en marge du débat public, un espace d’expression qui leur
permet de toucher un public assidu (même s’il est parfois très peu
nombreux). L’universitaire et blogueur Daniel W. Drezner a appelé cette
nouvelle génération – libérée des contraintes habituelles du monde
universitaire, travaillant à son compte et armée du moteur de recherche
Google – les “intellectuels 2.0”.

Mais ne devrait-on pas plutôt parler de “dissidents 2.0” ? On a pu
s’en apercevoir lors de la conférence de Budapest, car une large part
de la blogosphère est l’héritière directe de la génération de ceux qui
cherchaient à “dire la vérité au pouvoir”. Le maire de Budapest, Gábor
Demszky, ancien dissident, a été l’un des premiers à accueillir
certains des blogueurs de Global Voices. Les stencils utilisés pour
polycopier des documents antigouvernementaux en Europe centrale et
orientale, aujourd’hui conservés dans les archives de l’Open Society de
Budapest, ne font qu’ajouter à ce sentiment qu’il existe des analogies
entre le blog et le samizdat [ouvrage publié clandestinement]. Un jour
ou l’autre, un portable Apple ou Lenovo ayant appartenu à un blogueur
dissident biélorusse ou ouzbek trouvera sa place à côté de ces
stencils.

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