Reporters sans frontières a déclassé le Canada de 10 échelons dans son classement mondiale de la liberté de la presse, publié jeudi. Il passe du 10e au 20e rang, notamment à la suite des entraves envers les journalistes pendant le Printemps érable.

 

Reporters sans frontières a déclassé le Canada de 10 échelons dans son classement mondiale de la liberté de la presse, publié jeudi. Il passe du 10e au 20e rang, évitant « de justesse de sortir de la liste des vingt pays les mieux cotés », souligne l’organisme.

RSF explique la décote par les « entraves subies par des journalistes durant le mouvement étudiant dit du "Printemps érable", mais aussi aux menaces persistantes contre le secret des sources et la protection des données privées des internautes, malmenée par le décret fédéral C-30 de lutte contre la cybercriminalité ».

Le Commissariat à la vie privée tente d’ailleurs d’encadrer ces pouvoirs, selon des informations révélées au début du mois de janvier.

En mars 2012, RSF avait également dénoncé la perquisition « ahurissante » menée au domicile d’Éric Yvan Lemay par des policiers de la Sûreté du Québec.

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Le Canada perd sa place de pays le mieux coté des Amériques au profit de la Jamaïque. Le Costa Rica, la Namibie, Andorre et le Liechtenstein se classent aussi devant le Canada.

Le sommet du classement des pays les plus respectueux de la liberté de presse reste le même, avec la Finlande au premier rang, suivie par les Pays-Bas et la Norvège. Au bas de la liste, les mêmes cancres que l’année précédente, soit le Turkménistan, la Corée du Nord et l’Érythrée. (Le rapport en .pdf)

RSF en profite aussi pour publier pour la première fois un indice annuel de la liberté de la presse, un outil d’analyse de la performance globale des États. L’indice varie de 0 à 100, zéro représentant la situation idéale, 100 étant le pire.

L’indice du Canada atteint 12,69, tandis que les États-Unis obtiennent 18,22.

L’indice tient compte de six variables, soit le pluralisme des médias, leur indépendance, l’autocensure, le cadre légal, la transparence et les infrastructures.