Par Mickaël Bergeron

Récemment, une amie m’a confié que ses patrons n’avaient pas considéré une candidature pour un poste parce que celle-ci n’avait de l’expérience qu’en région éloignée. On dirait que certains croient que l’on couvre que des activités communautaires. Que l’on ne fait que parler de la chicane de coq entre un conseiller et le maire. Que l’on ne parle que de cette maison dont la ville ne ramasse pas les vidanges.

Par Mickaël Bergeron, originellement paru sur labarbe.ca

Récemment, une amie m’a confié que ses patrons n’avaient pas considéré une candidature pour un poste parce que celle-ci n’avait de l’expérience qu’en région éloignée.

On dirait que certains croient que l’on couvre que des activités communautaires. Que l’on ne fait que parler de la chicane de coq entre un conseiller et le maire. Que l’on ne parle que de cette maison dont la ville ne ramasse pas les vidanges.

Pensez-vous que notre travail ressemble à celui du journal de quartier? Je fais le même travail que celui de mes collègues de Québec ou de Montréal, si ça peut vous rassurer. Des conférences de presse, des annonces d’investissements, des BAPE, des feux qui mettent malheureusement des gens à la rue, des élections, des manifestations… Eille, on a des scoops, même, parfois!

Même que nous sommes de temps en temps en avance sur les journalistes de Montréal. Encore cette semaine, une nouvelle sortie dans Le Devoir, sur le Plan Nord. Cette même nouvelle, nous, on en avait déjà parlé en juin dernier… Et ça fait plus de bruits quand ça sort là-bas, sans surprise.

Faudrait-il que je dise combien de fois les ministres et premiers ministres des deux paliers sont venus dans la région depuis un an pour vous convaincre?

Un autre signe qui démontre bien le snobisme de certains acteurs du milieu journalistique envers les médias régionaux, c’est le réflexe d’envoyer des journalistes de Montréal lorsqu’il y a un gros évènement en région.

Tenez, durant l’inondation en Montérégie, les grands médias ont envoyé leurs journalistes urbains, même s’ils avaient déjà des effectifs sur place, leur équipe locale.

Faut-il comprendre qu’ils font un mauvais travail et que la région est mal desservie pour que vous ne vouliez vous en servir à votre bulletin de 18h?

Personnellement, je serais insulté qu’un collègue de Montréal vienne couvrir à ma place un évènement qui se déroule dans ma cour.

Plusieurs de mes collègues sur la Côte-Nord ne veulent pas aller ailleurs. Ils ont parfois eu des offres, ils pourraient facilement se placer dans un grand centre avec leur feuille de route, mais non, ils souhaitent rester à Sept-Îles.

Ceci dit, même si les régions semblent maintenant — et tristement — boudées par les finissants en journalisme, c’est vrai que les régions sont une bonne école. Parce qu’on touche à tout. À tous les sujets et à plusieurs tâches connexes. Mais être une bonne école ne signifie pas n’être qu’une école.

Vivre en région, c’est plus un choix de vie qu’un choix par dépit. Comme un enseignant peut préférer tenir une classe en Gaspésie qu’à Montréal. Ça ne veut pas dire qu’il est moins bon. Tous les journalistes ne rêvent pas de devenir des vedettes comme Patrick Lagacé.

 

Mickaël Bergeron est journaliste pour l'hebdomadaire le Nord-Côtier à Sept-Îles, il collabore également à BangBang et au 94,1 FM.

 

 

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