Le syndicat des employés de TVA-Montréal estime que Mélissa François, lectrice de nouvelles à LCN, doit pouvoir réintégrer ses fonctions. La journaliste a été rétrogradée peu avant Noël après avoir annoncé la mort de Kim Jong-Deux au lieu de Kim Jong-Il.

Le syndicat des employés de TVA-Montréal estime que Mélissa François, lectrice de nouvelles à LCN, doit pouvoir réintégrer ses fonctions. La journaliste a été rétrogradée peu avant Noël après avoir annoncé la mort de Kim Jong-Deux au lieu de Kim Jong-Il.

«Le mercredi 21 décembre en avant-midi, Monia Monger, rédactrice en chef de TVA Nouvelles, annonce à Mme François qu’en raison du lapsus qu’elle a commis, elle ne pourra plus jamais revenir en ondes au sein de TVA Nouvelles, explique le président du syndicat Réjean Beaudet par voie de communiqué. Elle n’a pas demandé à Mme François sa version des faits et s’est adressée à elle en des termes très durs, lui reprochant par exemple un soi-disant manque de culture générale. Mme François, transférée à un poste de rédactrice, voit son horaire réduit considérablement.»

Pour Réjean Beaudet, il s'agit d'une façon de faire contraire à la convention collective. De fait, «un grief sera déposé pour contester cette façon cavalière de convoquer un employé pour une mesure disciplinaire». Il déplore qu'aucune enquête n’ait été faite pour comprendre ce qui s’est passé le soir du 18 décembre et qu'aucun «contrôle des dommages» n'ait été mis en œuvre rapidement pour protéger autant l’entreprise que la réputation de la journaliste. Celle-ci serait d'ailleurs en arrêt de travail sur recommandation de son médecin, peut-on lire sur la page Facebook mise en place pour la soutenir.

Le syndicat explique qu'à 22h11, Mme François avait bel et bien prononcé Kim Jong-Il, mais qu'à 22h22 elle a plutôt dit Kim Jong-Deux. Une confusion de télésouffleur serait à l'origine de l'erreur, selon la page de soutien Facebook. Pour le syndicat, la feuille de route de la journaliste est «impeccable», il s'agit d'une erreur collective et non individuelle. Réjean Beaudet insiste: «Il faut prendre en compte la faible ancienneté cumulée de l’équipe en poste, sans doute liée au roulement anormalement élevé que connaît TVA depuis un an et demi. Il faut aussi savoir que la cadre en poste ce soir-là avait déjà quitté le travail au moment de l’incident».

«À l’information de TVA, on veut toujours aller plus vite et faire mieux que la concurrence, on maximise la pression, on règne par l’intimidation plutôt que par la collaboration, et quand une erreur survient, on braque les feux sur une personne en particulier, pour mieux faire oublier la responsabilité de la direction et les problèmes systémiques», dénonce Réjean Beaudet.

Ceci rappelle le cas de plagiat qui a coûté son poste à l'ex-journaliste du site Argent, Stéphane Malhomme. En s'excusant de son erreur, il avait lui aussi déploré des piètres conditions de travail auxquelles il était soumis dans la salle de rédaction de Quebecor. À son départ en juin 2010, Alexis Deschênes avait également expliqué que les conditions de pratique du journalisme n'étaient pas étrangères à sa décision.

Quebecor a vu plus d'un journaliste déposer les armes depuis deux ans. Le syndicat égraine quelques noms: Joël Goulet, Carl Langelier, Alexis Deschênes, Véronyque Tremblay, Yves Malo, Maryse Gagnon, Chantal Leblond, Jean-Paul Chartrand, Pierre Martineau, Bruno Gaulin, Nadia Jawhar, etc. Au moment du départ de Joël Goulet le mois dernier, son collègue Harold Gagné confiait tristement sur Twitter «Je perds tous mes voisins de bureau. C'est pas juste comme disait Caliméro!». Le phénomène touche également la salle des nouvelles de Radio-Canada qui a perdu 6 journalistes depuis le début de l'année.

 

Voir aussi:

Joël Goulet quitte TVA pour la Ville de Terrebonne

Quatre journalistes quittent TVA

 

 

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