par Philippe Lapointe

Avec douze journalistes à son bord, provenant de tous les secteurs de couverture, le pôle environnement du Devoir traite la question environnementale sous tous ses angles, autant locaux que planétaires. Alexandre Shields, déjà affecté à la couverture de l’environnement, reste le seul à s’y consacrer à plein temps. Ses onze collègues continueront à couvrir chacun leur secteur d’activité, mais porteront une attention particulière à l’enjeu environnemental. Dans ce cas, qu’est-ce qu’il y a de différent? « Plein de choses », dit la rédactrice en chef Marie-Andrée Chouinard : « Une infolettre, une nouvelle chronique, et avant toute chose, l’environnement comme priorité au quotidien ».

On le sait, Le Devoir a connu ces dernières années une croissance exceptionnelle. Du bon vieux journal qu’il était, il est devenu un véritable média multi-plateforme, avec les changements de méthode de travail que cela nécessite. Le pôle environnement incarne parfaitement Le Devoir qu’on connaît aujourd’hui. Tous les formats voient leurs contenus enrichis par le travail de l’équipe du pôle environnement.

Le pôle environnement : une équipe.

« Les journalistes du pôle travaillent en équipe », poursuit Marie-Andrée Chouinard. « L’environnement touche tous les secteurs d’activité, parfois directement et souvent de manière transversale », ajoute-t-elle. La rédactrice en chef s’attend à ce que l’ensemble des contenus se voient de plus en plus enrichis par le travail des journalistes du pôle. L’environnement est au cœur de nos vie et rejoint tous les secteurs d’activité, autant la science que la politique, l’économie et la culture.

Déjà, en cliquant sur le lien Environnement du Devoir, la richesse des contenus impressionne.

Le Courrier de la planète

Publiée chaque mardi, l’infolettre Le Courrier de la planète traite de questions environnementales, bien sûr, mais c’est d’abord et avant tout du vrai journalisme, et même du très bon journalisme. Le Courrier répond notamment aux questions des lecteurs, comme celle-ci, par exemple, dans l’édition du 28 avril : « Est-ce moins polluant de voyager de Montréal à Sept-Iles en avion ou en voiture? ». La question est tout-à-fait d’actualité, avec l’annonce du gouvernement du Québec de subventionner le transport aérien vers les régions pour le rendre plus abordable. La réponse, documentée et nuancée, a demandé un bon travail de recherche de la part du journaliste Alexis Riopel.

Comme abonné, j’apprécie la diversité des sujets, la qualité de la recherche et qu’on parle de la beauté de la nature, photos à l’appui. Comme quoi on peut parler d’environnement sans traiter uniquement de ses enjeux anxiogènes, mais aussi de l’environnement comme d’une source de beauté et de joie.

La chronique sur la justice climatique

Concept relativement nouveau, la notion de justice climatique prend de l’ampleur. Elle repose sur le principe que les dérèglements climatiques provoquent des injustices, et sont également provoqués par des injustices. La justice climatique aborde ainsi les questions environnementales sous d’autres angles que purement physiques, et se penche sur leurs aspects éthiques, juridiques, économiques et politiques. Sur le plan strictement juridique, par exemple, il y a de plus en plus de plaintes contre des gouvernements ou des entreprises pour inaction ou actions nuisibles dans les dossiers climatiques. Aux États-Unis, quand la pétrolière Exxon est accusée de « fraude climatique », ou quand, en Grande-Bretagne, la Cour d’appel déclare illégale la construction d’une piste supplémentaire à l’aéroport d’Heathrow, pour des raisons environnementales, on est directement dans la justice climatique.

Diplômée en droit et en journalisme, Aurélie Lanctôt tient cette chronique, dont voici un exemple.

L’environnement au cœur de la mission, du journalisme engagé.

Dans sa mission, telle qu’il la définit, Le Devoir « s’engage à défendre les idées et les causes qui assureront l’avancement politique, économique, culturel et social de la société québécoise ». Avec l’environnement au cœur de la mission, Le Devoir fait clairement du journalisme engagé pour la cause environnementale. Est-ce que l’expérience du très respecté The Guardian britannique a influencé la décision du quotidien montréalais? On sait que The Guardian a adopté plusieurs mesures considérées comme radicales, incluant le vocabulaire utilisé, le choix des photos et l’angle des sujets traités. Pour The Guardian, la cause environnementale est l’enjeu le plus important, au point que tous les autres lui sont subordonnés, comme en fait foi cet engagement formel.

« Nous n’allons pas aussi loin que The Guardian », dit Marie-Andrée Chouinard. « Nous sommes des journalistes, pas des militants. Oui on peut définir le travail du pôle environnement comme du journalisme engagé. Mais nous restons fidèles à toutes les normes éthiques, à la recherche de la vérité et à la volonté d’équilibre. C’est du journalisme, pas de l’activisme ».

Quoiqu’il en soit, avec la mise en place de son pôle environnement, Le Devoir continue la tradition de couverture de l’environnement commencée par le grand pionnier en la matière, Louis-Gilles Francoeur, que Projet J salue chaleureusement.