Les chercheurs Ivor Shapiro et Lisa Taylor de l'École de journalisme de l'Université Ryerson mènent actuellement une vaste recherche pancanadienne sur les conseils de presse (CP). Leur objectif: proposer des avenues pour rendre les médias imputables à l'heure où ces organismes ont de moins en moins les moyens et la légitimité d'assumer leur rôle de chien de garde de l'éthique et de la déontologie journalistique.

Voir aussi: Quand le Conseil de presse fait du journalisme

Les chercheurs Ivor Shapiro et Lisa Taylor de l'École de journalisme de l'Université Ryerson mènent actuellement une vaste recherche pancanadienne sur les conseils de presse (CP). Leur objectif: proposer des avenues pour rendre les médias imputables à l'heure où ces organismes ont de moins en moins les moyens et la légitimité d'assumer leur rôle de chien de garde de l'éthique et de la déontologie journalistique.

Le Conseil de presse du Québec, qui est le seul au pays à bénéficier de fonds publics en plus des contributions de ses membres, tire relativement bien son épingle du jeu. Bien de Quebecor, Corus et Radio-Nord en aient claqué la porte, il a réussi à nouer des liens avec Astral et Cogeco. Et, malgré des frictions avec The Gazette, il entretient des liens solides avec Gesca, qui se porte régulièrement à sa défense, de même qu'avec Transcontinental. De plus, il vient de lancer un magazine en ligne, grâce au soutien de Patrimoine canadien et du ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine.

Ailleurs, toutefois, on broie du noir. Le Conseil de presse du Manitoba a été contraint de fermer ses portes le 1er janvier après 27 ans d'activités, faute de financement. En Ontario, le départ de Sun Media en juillet dernier, notamment, a porté un dur coup au conseil de presse local. Son directeur, Bob Elgie, qui porte l'organisme à bout de bras, craint lui aussi devoir mettre la clef sous la porte cette année. Le Conseil de presse albertain, le plus ancien au pays, fait lui aussi face à la fuite de ses membres. Le mois dernier, le Edmonton Journal s'ajoutait à la liste des départs.

Pendant ce temps, l'information même la plus locale se dissémine de plus en plus largement, atteignant des audiences nationales et internationales quasi instantanément, et la croissance du web social implique que le public ne dépend plus des conseils de presse pour demander des comptes aux médias, explique Ivor Shapiro par voie de communiqué. Dans ce village global, quels sont les attentes et les besoins du public à l'égard des conseils de presse et quels sont les meilleurs moyens d'y répondre?

Ce sont les questions auxquelles les professeurs Shapiro et Taylor tenteront de répondre. Pour y parvenir, ils sollicitent l'aide du public via un sondage en ligne. En parallèle, ils procèdent à une étude comparative des modèles de fonctionnement des conseils de la presse existants au Canada et ailleurs. Ils présenteront des données préliminaires le 27 avril à l'occasion d'une semaine de conférences organisée par l'organisme Journaux Canadiens qui a commandé la recherche. Les résultats finaux seront pour leur part publiés à la fin de l'année.

 

Ce projet de recherche est financé par John A. Honderich de TorStar, qui finance également ProjetJ et son vis-à-vis anglophone J-Source. Ivor Shapiro est responsable de la section éthique de J-Source en plus d'être un des instigateurs du Canadian Journalism Project qui chapeaute les deux sites web.

 

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