La valeur boursière d’une entreprise
est soumise à une foule de facteurs, qu’il s’agisse de résultats
trimestriels, de la signature ou de la perte de contrats ou de
menaces de rachat. De par leur position d’observateurs privilégiés,
les journalistes ont bien souvent
connaissance avant le grand public de ces données qui leur
permettent de prévoir l’évolution de la valeur du titre une
société. Un privilège qui s’accompagne de responsabilités
éthiques.

La valeur boursière d’une entreprise
est soumise à une foule de facteurs, qu’il s’agisse de résultats
trimestriels, de la signature ou de la perte de contrats ou de
menaces de rachat. De par leur position d’observateurs privilégiés,
les journalistes affectés au monde des affaires ont bien souvent
connaissance avant le grand public de ces données qui leur
permettent de prévoir l’évolution de la valeur du titre une
société. Un privilège qui s’accompagne de responsabilités
éthiques.

The Guardian a publié ce matin
les grandes lignes des règles imposées à ses journalistes affectés
au monde des affaires. Il s’agit en fait de l’article 13 du «Press
Complaints Commission code» britannique. Il prévoit qu’un
journaliste financier ne peut utiliser des informations
confidentielles obtenues dans le cadre d’un reportage pour ses
propres profits ou ceux de ses proches et qu’il s’interdise
d’écrire sur des titres qu’il possède dans son portefeuille
d’actifs.

En
plus de ce grand principe, The
Guardian
,
comme plusieurs autres grandes rédactions, demande à ses
journalistes de faire une déclaration d’intérêt afin d’avoir une
idée des investissements des uns et des autres. Ceci permet au
journal de gérer ses affectations en évitant les conflits
d’intérêts.

Ce
mode de fonctionnement existe également chez nous, notamment au
Devoir
et à Radio-Canada

les normes et pratiques journalistiques indiquent que «les employés
sont tenus de divulguer, par écrit, à leur supérieur immédiat,
tous leurs intérêts d’affaires que l’on pourrait interpréter comme
constituant un conflit réel, apparent ou potentiel par rapport à la
fonction qu’ils occupent».

Les dérives

Il
s’agit là néanmoins de grands principes qui deviennent élastiques
entre les mains d’un certain nombre d’artisans de l’information
financière, selon le
journaliste, éditorialiste et essayiste français, Jean-François
Kahn. Dans une entrevue accordée à Banque
& Finance
,
il affirme que la corruption dans le milieu du journalisme
financier est bien réelle. «Les
journalistes font souvent l’objet de sollicitations, dont certaines
peuvent se concrétiser par des enveloppes en échange de textes
favorables», confie-t-il.

Par ailleurs, Jean-François
Kahn explique que certains journalistes financiers sont à
la solde du pouvoir économique, car plusieurs publications
financières appartiennent à des groupes industriels puissants. «Dans ces conditions, le journaliste financier peut être contraint à se montrer complaisant et flatteur dans ses écrits sur le groupe en question. Il subit une sorte de pression quasi insurmontable, à défaut de la refuser en prenant la porte.»

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