Après huit ans et demi de bons et loyaux services à la barre du magazine le plus insolite du paysage médiatique québécois, Catherine Perreault-Lessard a cédé sa casquette de capitaine à Myriam Berthelet. Collaboratrice de longue date d’Urbania et de sa société sœur Toxa, elle arrive au moment où s’opère une réflexion sur l’avenir du magazine.

Après huit ans et demi de bons et loyaux services à la barre du magazine le plus insolite du paysage médiatique québécois, Catherine Perreault-Lessard a cédé sa casquette de capitaine à Myriam Berthelet. Collaboratrice de longue date d’Urbania et de sa société sœur Toxa, elle arrive au moment où s’opère une réflexion sur l’avenir du magazine.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

«Le papier est là pour rester, rassure d’emblé la nouvelle rédactrice en chef. Mais il s’agit de savoir comment il s’intègre avec le reste. L’idée, c’est d’aller vers une plus grande cohésion entre le web, la mobilité et le magazine en tant que tel. Le papier, c’est le navire amiral d’Urbania. Il faut juste le penser autrement.»

Myriam Berthelet s’inscrirait-elle en rupture avec celle qui l’a précédée?

«J’admire beaucoup Catherine et ce sont de bien grands souliers à chausser que les siens, répond-elle. Elle a su être rassembleuse et a tenu Urbania de main de maître. Le magazine lui ressemble. Elle a cette disposition à penser que tout est possible, que tout se traite, que chaque thème peut être porteur. En même temps, le ton est toujours précis. De ce point de vue, elle laisse un magnifique carré de sable.»

«Je vais continuer à mettre tout ça de l’avant, ajoute-t-elle. Mais de mon côté, j’arrive avec tout mon background, plutôt axé sur le documentaire, le multimédia et la vidéo. Nous démarrons une réflexion sur la manière dont tous les produits liés à Urbania doivent s’articuler. Nous avons un site internet qui fonctionne très bien avec plus de 200 000 visiteurs uniques chaque mois. Comment on capitalise là-dessus?»

Elle sera véritablement en première ligne pour y répondre, elle qui en plus de prendre la rédaction en chef du magazine, arrive comme productrice au développement de projets télévisuels et multiplateformes.

Curieux, cocasse, jamais moqueur

Dans une autre vie, Myriam Berthelet a été journaliste à la recherche aux Francs-Tireurs, reporter à la Bande-à-part, co-conceptrice de la série documentaire radio Sans domicile fixe (Ici Radio-Canada Première), réalisatrice de reportages pour Mange ta ville (ARTV), et plus récemment productrice et coréalisatrice de la web série documentaire Érosion, un regard sur l’abandon (TV5.ca), qui lui a valu un prix Gémeaux en septembre dernier.

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«J’ai une sensibilité et une parenté d’esprit avec Urbania mais je viens d’ailleurs, résume-t-elle. Je crois que c’est ce qui a plu.»

Un esprit qu’elle décrit comme curieux et cocasse, jamais moqueur. Selon elle, l’originalité d’Urbania est de mettre de l’avant des situations, des gens, de faire ressortir le côté drolatique et étrange de certaines histoires, sans jugement.

«Bien sûr il y a de la malice dans l’œil et le sourire au coin, mais on ne prend pas de haut, estime-t-elle. Catherine a d’ailleurs permis à des gens qui ne venaient pas du milieu journalistique d’écrire dans le magazine. Elle leur a donné une première chance d’être publié juste parce qu’elle aimait leur côté allumé, leurs idées originales ou leur point de vue différent. Je vais garder ce bassin de collaborateurs bien sûr, mais j’arrive aussi avec mes contacts, avec des gens avec lesquels j’ai envie de travailler. Et Urbania continuera également d’être une pépinière qui fera toujours de la place à ceux qui lui proposent des sujets emballants.»

Branché sur les gens ordinaires

Alors que le numéro spécial étudiant vient de sortir en kiosque, Myriam et toute son équipe en sont à peaufiner la thématique du magazine à sortir cet hiver. Elle n’en dira pas plus. Mais assure que comme à son habitude, Urbania donnera la parole aux vrais gens.

«À ceux qu’on voit rarement dans les médias plus traditionnels parce qu’ils n’ont apparemment pas des vies très spectaculaires, précise-t-elle. Oui, Urbania, c’est branché, mais ça raconte surtout la vie des gens ordinaires, ça laisse la place aux histoires. Catherine l’a très bien fait au fil des années. C’est important qu’on maintienne ça, parce que ça vient chercher ce que j’aime dans la vie et ce que j’ai fait par ailleurs. C’est un héritage précieux et c’est dans ce sens que je vais moi aussi m’enligner en tant que rédactrice en chef.»

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