NADbank a fait paraître plus tôt cette semaine les données de mi-année concernant neuf grands marchés canadiens, dont Montréal. Une pléiade de chiffres… que chaque quotidien peut interpréter à sa façon. Exemple avec le Journal de Montréal et La Presse.

NADbank a fait paraître plus tôt cette semaine les données de mi-année concernant neuf grands marchés canadiens, dont Montréal. Une pléiade de chiffres… que chaque quotidien peut interpréter à sa façon. Exemple avec le Journal de Montréal et La Presse.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Quelques heures seulement après la publication des chiffres mardi soir, le Journal de Montréal, sous la plume de sa présidente et éditrice Lyne Robitaille, assure continuer de voir son lectorat augmenter et avance le chiffre de 40 000 lecteurs supplémentaires.

«Le Journal de Montréal compte maintenant 1 176 200 lecteurs sur une base hebdomadaire pour la grande région de Montréal seulement, soit 39 700 lecteurs de plus que lors du sondage de l’automne dernier», écrit-elle.

C’est vrai. Le chiffre du cumul 6/7 jours, utilisé par Mme Robitaille s’élevait l’an dernier à pareille date à 1 136 500 lecteurs, soit une hausse de 3,5% et surtout un écart qui se creuse avec son principal concurrent, La Presse.

«Le Journal de Montréal compte maintenant 328 400 lecteurs de plus que La Presse, note ainsi l’éditrice, soit un écart significatif de 39%.»

Sauf que ce chiffre du cumul 6/7 jours porte sur le lectorat total des éditions imprimées chez les adultes, entre le lundi et le dimanche. Or, non seulement La Presse n’a plus d’édition dominicale depuis quatre ans maintenant, mais encore, en décidant de mettre en avant un chiffre qui ne tient pas compte du lectorat du web, le JDM évite de se mettre en concurrence avec lapresse.ca et La Presse+.

Confiance en l’imprimé

Un choix qui n’est donc pas anodin puisque si l’on regarde maintenant les chiffres de l’audience numérique, à savoir la colonne intitulée «lu hier numérique», qui comptabilise la consultation quotidienne chez les adultes des sites web et des applications mobiles des quotidiens en semaine, La Presse arrive largement en tête avec 337 000 lecteurs contre 88 000 pour le tabloïd montréalais.

Pas anodin non plus puisqu’en lançant sa nouvelle formule le 1er octobre dernier, le Journal manifestait sa grande confiance en l’imprimé. Une confiance réaffirmée par Lyne Robitaille dans son article.

«À une époque où plusieurs quotidiens voient leur lectorat s’effriter, le Journal de Montréal continue de défier la tendance mondiale en misant sur la qualité et l’innovation, écrit-elle. Bien que nous soyons nous aussi tournés vers les médias numériques d’avenir, nous croyons encore beaucoup à la force et à l’utilité des journaux en version papier.»

Une stratégie à l’opposée du virage digital-first pris par Gesca avec La Presse+, et qui vise justement à abandonner le papier à plus ou moins long terme.

Focus sur la tablette

Au printemps, alors que NADbank révélait les chiffres de l’année 2012, Guy Crevier, président et directeur de La Presse, avait lui-même pris la plume pour annoncer une forte augmentation de l’audience totale du quotidien de la rue Saint-Jacques, toutes plateformes confondues. La Presse venait effectivement de passer la barre des 1,1 millions de lecteurs, soit 84 000 de plus que six mois plus tôt.

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Six mois plus tard, l’audience augmente encore, mais seulement de 10 000 lecteurs, soit 94 000 en un an. Mais seulement 5 000 lecteurs supplémentaires si l’on s’intéressent au cumul 6/7 jours, ne tenant pas compte des consultations numériques, chiffre que le JDM a décidé lui, de mettre en avant.

On attendait donc l’article de Guy Crevier, vantant lui-aussi de très bons résultats. Mais La Presse a finalement préféré publier aujourd’hui un article de La Presse Canadienne focalisant sur la tablette, nouvelle façon de s’informer chez les jeunes. Article d’ailleurs repris également par Métro.

Le JDM toujours leader

«En 2010, seulement 3% des adultes âgés de 18 à 34 ans accédaient aux sites d’information exclusivement à partir d’un appareil mobile, que ce soit une tablette ou un téléphone intelligent, écrit la journaliste de la PC, Mélanie Marquis. Voilà qu’à peine deux ans et demi plus tard, ils sont 34% à le faire, selon les résultats d’une étude réalisée par NADbank.»

Un article dans lequel Anne Crassweller, présidente de la firme de sondage, intervient. Elle suggère notamment que «les tablettes ont un gros impact» sur ces données.

Signalons que ces derniers chiffres portent sur la période s’étalant de septembre 2012 et juin 2013, alors que La Presse+ n’a été lancée que le 18 avril dernier. Pourtant, les chiffres montrent déjà une augmentation de près de 100 000 lecteurs sur les plateformes numériques uniquement.

Quoi qu’il en soit, le Journal de Montréal reste «le quotidien numéro un dans la région métropolitaine de Montréal, et ce, depuis plus de 27 ans maintenant», comme le rappelle Lyne Robitaille.

Mais les chiffres 2013, qui tomberont dans le courant du mois de mars prochain, seront certainement très attendus à La Presse, comme au Journal de Montréal.

Ajout à 18h15: ce soir le Journal de Montréal publie un deuxième article sur le sondage NADbank, en l'occurence la reprise d'une dépêche de l'Agence France Presse (AFP), qui dit que 8 Canadiens sur 10 lisent au moins une fois par semaine un quotidien, avec une préférence pour le support papier.

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