Un an après le lancement de son bulletin de nouvelles, Le Fil, l’information chez Noovo Info se distingue avec son approche jeune et multiplateformes. Un lancement réussi, des débuts prometteurs, mais des défis importants.

Une entrevue avec le directeur général de Noovo Info, Jean-Philippe Pineault.

Par Philippe Lapointe

Un an après avoir lancé son premier bulletin de nouvelles à Noovo, Le Fil, l’information en français chez Bell Média est en plein développement à la télé, à la radio et sur le web.

La jeune équipe d’information de Noovo Info a choisi une approche résolument multiplateformes. Elle réunit sous une même direction et une signature commune les journalistes de cinq stations de télévision, dont la station-mère de Montréal, d’une trentaine de stations de radio et d’un nouveau site web. Noovo Info est en mode croissance, et en mode embauche,  avec plusieurs nouveaux postes à combler.

Un bilan positif, affirme le directeur-général de Noovo info, Jean-Philippe Pineault. Mais les défis sont importants, à commencer par celui des cotes d’écoutes des bulletins de nouvelles télé.

En information télévisée, la fidélité des téléspectateurs envers leur bulletin de nouvelles est amplement documentée. Les gens du métier savent que les habitués des nouvelles de Radio-Canada ou de TVA en changent rarement. Ce n’est pas pour rien que Pierre Bruneau est numéro un depuis 40 ans. « Je soupe avec Pierre Bruneau tous les soirs. Pourquoi changer? », avait dit un jour une téléspectatrice pendant un focus group… Il n’y a donc rien de surprenant au fait que Noovo, nouveau dans le marché, se trouve loin derrière Radio-Canada et TVA. Ainsi, à 17 heures, pour les sondages Numéris hiver-printemps 2022, tous groupes d’âges confondus, Le Fil de Noovo rejoint un peu plus de 60 000 personnes, très loin derrière le demi-million de téléspectateurs de Pierre Bruneau au TVA 17 heures. À 22 heures, pour la même période, Le Fil rejoint un peu plus de 75 000 téléspectateurs, encore là loin derrière Le TVA 22 heures qui en rejoint plus de 450 000 et Le Téléjournal de Radio-Canada qui en rejoint plus de 300 000.

Philippe Lapointe

Vous avez lancé votre bulletin de nouvelles, Le Fil, le 29 mars 2021. Quel était ton objectif le plus important au départ?

Jean-Philippe Pineault

Au départ, c’était juste une chose : réussir notre lancement. J’avais l’impression de construire un avion en vol. Dans la petite équipe de pilotage, on est plusieurs à avoir passé des nuits blanches. Là, on est bien partis et on progresse. C’est le fun.

On a une équipe jeune, qui ne craint pas d’essayer des choses différentes. Notre offre se distingue de ce que proposent les réseaux établis.

Philippe Lapointe

Es-tu déçu des cotes d’écoute du Fil?

Jean-Philippe Pineault

Il y a des indicateurs positifs : nos résultats d’écoute sont en progression dans les groupe-cibles plus jeunes, ceux qu’on vise chez Noovo, comme les adultes entre 25 et 54 ans, qui sont les plus recherchés par les annonceurs. Parmi toutes les statistiques, celle qui me fait le plus plaisir est l’âge moyen de nos téléspectateurs du Fil de 17 heures, 46 ans. C’est treize ans plus jeunes que l’âge moyen de nos principaux concurrents, qui est de 59 ans. On est encore loin de nos concurrents, mais on avance dans la direction où on voulait aller.

Philippe Lapointe

Comment se passe l’intégration avec la grosse machine de Bell Média?

Jean-Philippe Pineault

Bell Média met tout son poids derrière nous. On sent un soutien constant de la haute direction de l’entreprise. Avec un investissement aussi important en information, Bell envoie un message de confiance dans l’avenir pour l’information. J’ai été agréablement surpris du grand niveau de collaboration des autres secteurs de l’entreprise. Nous avons eu un soutien inestimable de nos collègues de CTV, entre autres.

Philippe Lapointe

Avec Noovo info, vous avez intégré l’information radio dans vos opérations?

Jean-Philippe Pineault

Les journalistes des stations de radio des réseaux Énergie et Rouge FM – une trentaine au total – relèvent de Noovo info, sous la direction de Patrick Bégin. C’est sûr que c’est un grand défi d’intégration, des cultures d’entreprise différentes, des médias différents, tout ça autour d’une nouvelle marque, Noovo Info. C’est un grand défi, mais ça se passe vraiment bien.

Philippe Lapointe

Noovo Info est de plus en plus présent sur le web.

Jean-Philippe Pineault

Nous avons lancé notre site web en janvier. Pour nous, c’était une étape très importante, parce que le journalisme multiplateforme se trouve au cœur de tout ce qu’on fait. D’ailleurs, une grande partie de notre production se retrouve sur notre site et pour nos équipes, c’est très fédérateur.

Nous allons lancer bientôt une infolettre. Ça bouillonne.

Philippe Lapointe

Vous êtes présents sur les médias sociaux, incluant TikTok.

Jean-Philippe Pineault

On rejoint les plus jeunes là où ils se trouvent. Avec TikTok, nous parlons aux 13-24 ans, une clientèle qui fréquente très peu les médias traditionnels. Notre journaliste sur TikTok, Milik Bélanger, était déjà présent sur TikTok et connaît les codes. C’est une manière différente de pratiquer le journalisme, mais ça reste du journalisme. Peu importe la plateforme, nos journalistes sont encadrés par le même code d’éthique.

Philippe Lapointe

Le plus grand défi pour Noovo Info?

Jean-Philippe Pineault

On est conscients d’être le nouveau joueur dans un marché où il y a des joueurs déjà bien établis. Notre défi, c’est de bâtir et d’installer notre marque solidement, à notre manière, plus jeune, plus diverse, innovante, et de s’implanter comme un joueur qui compte parmi les médias d’ici. On est également conscients du privilège qu’on a de pouvoir bénéficier d’un tel investissement en information, ce qui se produit très rarement. On a une obligation de résultat.