Les employés syndiqués de La Presse Canadienne (PC) ont adopté hier une nouvelle convention collective. Ils acceptaient ainsi l'entente de principe ratifiée il y a un peu plus de deux semaines par les parties syndicales et patronales au terme à quatre mois de négociations difficiles.

Les employés syndiqués de La Presse Canadienne (PC) ont adopté hier une nouvelle convention collective. Ils acceptaient ainsi l'entente de principe ratifiée il y a un peu plus de deux semaines par les parties syndicales et patronales au terme à quatre mois de négociations difficiles.

Selon Terry Pedwell, le président de la Guilde canadienne des médias, à laquelle sont affiliés les syndiqués de La PC, il s'agit de «l'une des séries de négociations les plus difficiles pour la Guilde depuis la conclusion de la toute première convention collective».

La «moins pire» entente possible

Ratifiée à 83%, la nouvelle entente de trois ans prévoit une augmentation salariale globale de 4% à partir de 2013, la conservation des primes de quart et des vacances, et des améliorations aux horaires des employés surnuméraires – ceux-ci bénéficieront désormais d'un nombre garanti d'heures de travail par semaine, ce qui n'était pas le cas auparavant.

Néanmoins, les employés devront désormais payer 25% des primes d'assurance médicale et 100% des primes relatives à l'invalidité de longue durée, ce qui équivaut à 50 à 70$ par paie (aux deux semaines), explique Patrice Bergeron, le président de l'exécutif montréalais du syndicat. De plus, l'employeur disposera d'une exemption temporaire de paiement des intérêts au régime de pension. Ce, dans le cadre d'un précédent plan de restructuration ayant gelé le régime de retraite entre 2009 et 2011.

«Ce n'est peut-être pas la meilleure entente, mais c'est la meilleure possible dans les circonstances», estime M.Bergeron. Il rappelle que la toute première offre patronale prévoyait des baisses de salaires de 10% et une dépréciation des avantages sociaux, le tout sans assurance de maintien des emplois. L'affrontement entre représentants patronaux et syndicaux a même laissé craindre un arrêt de travail, ce qui a soulevé un vent d'inquiétude chez les clients et les abonnés de l'agence.

Selon lui, sans l'impact psychologique de cette première offre patronale, le syndicat n'aurait jamais accepté une entente si faible. «4% en trois ans, c'est vraiment peu, c'est moins de 1% par an!», souligne-t-il. Ainsi, comme beaucoup de ses collègues, bien qu'il accueille la nouvelle convention collective avec «un certain soulagement», car elle sécurise les emplois et les conditions de travail pour quatre ans dans un contexte difficile pour l'industrie des médias, il garde néanmoins une pointe de perplexité.

Une base de reconstruction

Du côté patronal, Neil Campbell, le coprésident de La PC, estime que cette entente aidera à remettre la compagnie sur les rails, rapporte l'agence. «Comme n'importe quelle entreprise dans le secteur des médias, nous faisons face à un environnement difficile, mais nous avons bon espoir de pouvoir continuer à avancer vers l'objectif d'en faire une société profitable.»

Il s'agit de la toute première convention collective depuis que La PC est passée d'une coopérative à une entreprise à but lucratif. Fondée en 1917 par les éditeurs de journaux pour faciliter l’échange de nouvelles à travers le pays, elle a déjà eu plus de 30 sociétaires. Tous versaient une cotisation et s'engageaient à fournir du contenu à l'agence afin qu'il soit partagé entre tous les membres.

Néanmoins, les départs de Canwest Global Communications et de Quebecor en 2007 et 2010, ainsi que la diversification des activités de l'agence en faveur du multimédia, ont plombé ses revenus et l'ont forcé à se restructurer. En 2010, la PC est devenue une entreprise à but lucratif détenue par un groupe incluant les sociétés mères du Globe and Mail, du Toronto Star et de La Presse.

En plus du spectre des compressions de personnel, ce changement radical de la structure de l'agence a soulevé des inquiétudes journalistiques auprès des salariés, indique M.Bergeron. «Nous étions inquiets pour l'autonomie éditoriale de l'agence. Mais, jusqu'à présent, même s'il y a une certaine symbiose entre nos affectations et celles du Globe and Mail ou du Toronto Star dans certains marchés, nous n'avons pas été avalés au plan éditorial.»

 

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