L'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) a une nouvelle présidente. Élue hier soir à l'unanimité, Lisa Marie Noël a pris la relève de Nicolas Langelier, qui a tiré sa révérence après quatre mandats. Elle a promis de poursuivre la lutte pour la cause des journalistes indépendants, en premier lieu pour le droit à la négociation collective, revendication historique de l'association.

L'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ) a une nouvelle présidente. Élue hier soir à l'unanimité, Lisa Marie Noël a pris la relève de Nicolas Langelier, qui a tiré sa révérence après quatre mandats. Elle a promis de poursuivre la lutte pour la cause des journalistes indépendants, en premier lieu pour le droit à la négociation collective, revendication historique de l'association.

Membre du conseil d'administration de l'AJIQ depuis presque quatre ans et co-fondatrice de RueMasson.com, la nouvelle présidente s'est engagée à poursuivre le travail de son prédécesseur en militant pour défendre les droits d'auteur des pigistes et pour l'application de la seconde recommandation du Groupe de travail sur le journalisme et l'avenir de l'information, dirigé par Dominique Payette.

Un héritage à défendre

Après avoir écouté à plusieurs reprises le président sortant de l'AJIQ, ce groupe a suggéré que les journalistes indépendants bénéficient de «conditions apparentées à celles dérivées de la loi québécoise sur le statut de l'artiste, c'est-à-dire leur permettant de négocier des conditions minimales de travail et un contrat type». Bien accueilli par l'ensemble de la profession, le rapport Payette a aussi été bien reçu par la ministre de la Culture et des Communications, qui l'avait commandé. Reste à voir s'il sera mis en œuvre.

En parallèle, Lisa Marie Noël s'est engagée à mener une campagne de sensibilisation auprès des journalistes et des éditeurs pour faire respecter les principes d'un contrat équitable adoptés lors de l'assemblée générale de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) en novembre. Parmi ces principes, la FPJQ et l'AJIQ souhaitent notamment imposer une rémunération acceptable pour les pigistes et pour chaque utilisation de leurs textes conformément aux droits d'auteur.

Au chapitre des contrats, la nouvelle présidente de l'AJIQ promet un suivi serré du traitement des pigistes au Soleil. Plusieurs journalistes se sont en effet plaints ces dernières semaines que le quotidien de Québec ne respecte pas le contrat type négocié entre l'AJIQ et le groupe Gesca il y a un an. Selon l'entente entre le conglomérat et l'association, tous les journaux de Gesca doivent offrir un tarif minimal de 120 dollars par feuillet à tous les pigistes avec qui ils font affaires.

La suite pour Nicolas Langelier

De son côté, Nicolas Langelier quitte de conseil d'administration de l'AJIQ avec le sentiment du devoir accompli. Il est particulièrement fier de s'être fait entendre par le Groupe Payette qui a transmis son message au gouvernement.

Sous sa gouverne, l'association a aussi réactivé son recours collectif contre trois éditeurs pour non-respect des droits d'auteur numériques, et a réchauffé ses liens avec la FPJQ. Elle a aussi attiré de nombreux nouveaux membres grâce notamment aux Grands prix du journalisme indépendant et à l'amélioration des services.

Nicolas Langelier a aujourd'hui «confiance qu'un avenir meilleur attend les journalistes indépendants québécois». Il sera d'ailleurs prochainement sur la liste des donneurs d'ouvrage potentiels puisqu'il consacrera la prochaine année au lancement de son propre magazine. Inspiré de Monocle et de XXI, cette publication fera la part belle aux articles de fond sur la culture, la société et la politique.

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