C’est ce que révèle une étude menée par Influence Communication. La firme spécialisée dans la surveillance et l’analyse médiatique a scrupuleusement écouté l’ensemble des médias électroniques québécois durant les deux dernières années pour en conclure que la radio est le média par excellence où l’on sacre et que «maudit/maudite» est de loin le juron le plus utilisé.

C’est ce que révèle une étude menée par Influence Communication. La firme spécialisée dans la surveillance et l’analyse médiatique a scrupuleusement écouté l’ensemble des médias électroniques québécois durant les deux dernières années pour en conclure que la radio est le média par excellence où l’on sacre et que «maudit/maudite» est de loin le juron le plus utilisé.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Le rapport publié aujourd’hui par Influence Communication et intitulé Analyse de l’utilisation des jurons dans les médias québécois nous apprend entre autre que, durant les deux dernières années, 72 000 jurons ont été utilisés dans les médias de la province, les deux tiers l’ayant été durant les douze derniers mois et 22% d’entre eux, le jeudi, jour qui semble être le plus propice au sacre.

En entrevue à Dutrizak l’après-midi au 98.5FM, où il fait régulièrement une autopsie des médias, Jean-François Dumas, président d’Influence Communication, a longuement commenté son étude.

«On sacre quand même 98 fois par jour dans les médias québécois, c’est à dire quatre sacres à l’heure, ou encore, tout mis bout à bout, 35,5 heures sur deux ans, note-t-il. C’est devenu un phénomène culturel. On élargit notre vocabulaire grâce au sacre, ironise-t-il. Il y a des noms, des qualificatifs, des phrases, des locutions blasphématoires parfois très imagées, etc.»

On sacre dans la circulation

«Maudit/Maudite» sort grand gagnant de cette étude tout média confondu, devant «tabarouette», plutôt utilisé en radio et «merde», que l’on entend plus à la télévision. Jean-François Dumas ajoute qu’il y a des sujets qui sont plus propices que d’autres à l’utilisation du sacre.

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«La loi sur le placement syndical a généré de nombreux jurons par exemple. De la part des responsables syndicaux, des syndicats, des animateurs et des chroniqueurs. C’est un sujet très complexe et très coloré. Le monde de la construction en général est très inspirant en matière de jurons. La deuxième nouvelle qui fait beaucoup sacrer dans les médias, c’est tout ce qui touche la corruption et la collusion, parce que les gens sont mécontents et se laissent aller, analyse-t-il. Et la troisième, et c’est sans doute la plus drôle, ce sont les problèmes de circulation. La crème de la crème étant les vox-pop où l’on interviewe les gens bloqués dans leur voiture! Les plus belles constructions de locutions blasphématoires, on les a entendues pendant la crise étudiante.»

Faits saillants

C’est à Québec que l’on sacre le plus devant Montréal et Saguenay.

À la radio, c’est sur les ondes de CHOI Radio X (Québec) que l’on entend le plus grand nombre de jurons devant CKYK-FM Radio X (Alma) et  FM 93 (Québec).

À la télévision, les Francs-tireurs (Télé-Québec) arrivent en tête, devant Face-à-Face (V) et Dumont (V).

À Ici Radio-Canada Télé, comme à TVA, c’est dans les téléjournaux que l’on sacre le plus.

Certaines personnalités médiatiques ont la quasi exclusivité sur certains sacres. Ainsi, Marie Grégoire, chroniqueuse au Club des Ex (RDI) et au 98.5FM est la principale contributrice à l’expression «Caline de bine» et 80% des «calique» sortent de la bouche de Pénélope McQuade.