Le Devoir révélait ce matin la candidature d’un premier homme à la présidence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), en la personne de Pierre Craig, animateur de l’émission La Facture depuis dix ans à l’antenne de Radio-Canada et vice-président de la FPJQ depuis l’an dernier. Parmi ses thèmes de campagne, l’accès à l’information et la protection des sources.

Le Devoir révélait ce matin la candidature d’un premier homme à la présidence de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), en la personne de Pierre Craig, animateur de l’émission La Facture depuis dix ans à l’antenne de Radio-Canada et vice-président de la FPJQ depuis l’an dernier. Parmi ses thèmes de campagne, l’accès à l’information et la protection des sources.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

«J’étais très impliqué à la FPJQ au début de ma carrière et puis la vie a fait que je m’en suis éloigné, explique Pierre Craig. Il y a un an, Claude Robillard [ndlr, le secrétaire-général] est venu me chercher pour me demander si je voulais bien entrer au Conseil d’administration en tant que vice-président. Depuis je vois passer des dossiers et je m’implique sur des sujets tellement fondamentaux pour la défense de notre démocratie, que lorsque Brian Myles m’a annoncé qu’il ne se représenterait pas, j’ai pris le temps de réfléchir et j’ai décidé de me lancer dans la course.»

Une candidature qui lui a été suggérée par le staff de la FPJQ.

«Ils ont eu la délicatesse de ne pas me tordre le bras, raconte-t-il. Ils m’ont soufflé l’idée, puis ils m’ont laissé le temps de réfléchir dans mon coin. Ça n’a pas été une décision facile parce que je sais à quel point c’est une fonction qui demande du temps et de l’énergie. Mais les enjeux sont tellement cruciaux pour l’avenir du métier et de la société, que je me suis dit que je ne pouvais pas refuser. Que j’avais le Devoir, avec un d majuscule, d’y aller.»

Dans la continuité

Une candidature plutôt dans la continuité, donc.

Parmi les dossiers que Pierre Craig souhaite porter, la question de l’accès à l’information lui vient en premier. Il a d’ailleurs participé en avril à la commission parlementaire sensée se pencher sur une révision de la loi provinciale en la matière.

«En travaillant à La Facture, je me suis rendu compte à quel point le citoyen est le dernier des soucis des politiques, sauf lorsqu’une élection arrive. Tous les édifices publics, tout ce qu’ils contiennent, briques, informations, structures, tout a été payé par les citoyens et on les tient dans l’ignorance la plus totale de ce qui se passe au gouvernement. Il faut qu’on exige de l’État et des organismes publics et parapublics qu’ils rendent l’information pour laquelle les citoyens ont payé. Et la courroie de transmission de cette information, ce sont les journalistes.»

Et d’ironiser sur la loi d’accès à l’information.

«Ce qu’elle dit en réalité, c’est ok, tu veux de l’information, eh bien, ça va être un véritable parcours du combattant! C’est inconcevable dans une démocratie», fulmine-t-il.

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Autre dossier, lui aussi lié à la culture du secret, la chasse aux sources qui semble être de plus en plus monnaie courante au sein des organismes gouvernementaux.

«Est-ce que j’irais jusqu’à demander une loi? Je n’en suis pas rendu là dans ma réflexion, d’autant que je crois que les journalistes sont assez bien protégés sur la non divulgation de leurs sources, répond-il. Ce sont les sources elles-mêmes qui ne le sont pas et nous avons plusieurs exemples dans l’histoire très récente, à la Ville de Montréal notamment, d’organismes qui ont cherché à retracer une source au nom de «l’intégrité du système». Or, si les journalistes d’investigation au Devoir, à Radio-Canada, La Presse ou QMI n’avaient pas eu de sources en interne, comment les affaires de collusion auraient-elles pu sortir au grand jour? Est-ce que c’est dans ce genre de société que nous souhaitons vivre? Je ne le crois pas et les derniers sondages montrent que la préoccupation numéro un des Québécois est de faire disparaître la corruption.»

Un Conseil de Presse plus fort

L’information en région avec la lutte contre les déserts médiatiques est le troisième champ auquel Pierre Craig souhaite s’atteler s’il est élu à la tête de FPJQ le 24 novembre prochain lors du congrès de Québec. Et il fait également le vœu que, durant sont mandat, si les journalistes lui en donnent un, le Conseil de Presse du Québec parvienne à faire revenir Québecor en son sein.

«Je ne voudrais pas d’une loi qui oblige les organes médiatiques à s’asseoir au sein du Conseil, mais il faudra trouver les bons arguments pour que Québecor, qui représente quand même 40% de la force journalistique au Québec, en redevienne membre. Sinon, ça n’a aucun sens. Et de mon point de vue, le Conseil de Presse a un très grand rôle à jouer en tant que garant de la déontologie et de l’éthique.»

Reste à savoir si Pierre Craig aura des concurrents dans cette course à la présidence de la FPJQ. Quoi qu’il en soit, la principale organisation de journalistes à travers le pays aura un tout nouveau visage dans les prochains moins, Brian Myles quittant la présidence en novembre et Claude Robillard cédant son siège à Caroline Locher en avril prochain.

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