Actuellement, premier directeur, Contenu, Nouvelles et Actualités aux services français de CBC/Radio-Canada, Pierre Tourangeau troquera son chapeau de cadre le 14 novembre pour celui d'ombudsman. Il remplacera Julie-Miville Dechêne qui a quitté ce poste le 31 juillet pour assumer la présidence du Conseil du statut de la femme.

Actuellement, premier directeur, Contenu, Nouvelles et Actualités aux services français de CBC/Radio-Canada, Pierre Tourangeau troquera son chapeau de cadre le 14 novembre pour celui d'ombudsman. Il remplacera Julie-Miville Dechêne qui a quitté ce poste le 31 juillet pour assumer la présidence du Conseil du statut de la femme.

«Cela fait maintenant près de 20 ans que Radio-Canada me permet de m’accomplir au plan professionnel, entre autres parce qu’on y applique les plus hauts standards d’éthique journalistique. Ces normes et principes m’ont toujours guidé comme reporter, et j’ai exigé la même chose des journalistes que j’ai eu le privilège de diriger. Maintenant, c’est en représentant les intérêts du public que je veillerai au respect de ces valeurs», déclare-t-il par voie de communiqué.

À 60 ans, Pierre Tourangeau a 35 ans de journalisme sous la cravate. Il a notamment été chef de bureau à l'Assemblée nationale et affectateur. Formé en littérature et en éducation à l'Université de Montréal, où il a d'ailleurs dirigé le journal étudiant Quartier Libre (modifié post-publication), il a également écrit plusieurs romans, dont Larry Volt qui a remporté le prix de la Société des écrivains canadiens 1999.

En tant que cadre à Radio-Canada, il a été responsable du Centre intégré d’affectation et d’expertise (CAPE) et a travaillé au regroupement des journalistes en cinq modules (économie, enquête, sciences, culture et international). Il a donc activement participé au processus d' «intégration» auquel s'est attelé le réseau public ses dernières années sous la gouverne de Sylvain Lafrance, l'ancien vice-président principal des Services français

À titre d'ombudsman, Pierre Tourangeau aura pour principal outil le guide des normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada. Un document qui a d'ailleurs été modifié récemment pour tenir compte de l'émergence des réseaux sociaux, mais aussi de la nouvelle organisation du travail qu'a engendré l'intégration. Cette nouvelle façon de travailler n'est pas sans risque pour la qualité de l'information, comme nous le confiait au printemps l'ancienne journaliste du réseau public, Chantal Francoeur, qui a consacré ses recherches doctorales à l'intégration à Radio-Canada.

«Dans les médias qui ont réalisé l'intégration, comme à la BBC, les journalistes constatent que les nuances se perdent d'une plateforme à l'autre. Quand une nouvelle fait état d'une possibilité, après plusieurs traitements, la possibilité devient un fait. C'est dangereux. (…) J'ai l'impression que, pour alimenter plus de plateformes rapidement, on va utiliser de plus en plus de clips préfabriqués, formatés, prêts à être distribués partout. Des clips à la limite vides mais bien dits, qui viennent en général des professionnels des relations publiques, des groupes de pression», expliquait-elle.

Pierre Tourangeau succède à une ombudsman qui a laissé sur son pupitre une feuille de route sans faille. Auteur de L’ombudsman de Radio-Canada: protecteur des journalistes ou du public?, le professeur Marc-François Bernier, de l'Université d'Ottawa traçait en effet en juillet un bilan fort positif du mandat inachevé de Julie-Miville Dechêne – elle a quitté son poste 9 mois avant la fin de son quinquennat renouvelable. Selon lui, elle a été celle qui a le mieux assumé le rôle de critique interne de la société publique et représente donc un exemple à suivre pour son successeur.

 

Voir aussi:

Radio-Canada: l'ombudsman traite plus de plaintes que jamais 

 

 

 

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