Par Colette Brin

Les programmes de formation en journalisme au Québec ont jusqu’ici résisté aux changements rapides et parfois erratiques des dernières années dans le monde des médias. Mais la pression à l’innovation commence à se faire sentir dans ces établissements intrinsèquement, et nécessairement, conservateurs.

Par Colette Brin

Les programmes de formation en journalisme au Québec ont jusqu’ici résisté aux changements rapides et parfois erratiques des dernières années dans le monde des médias. Mais la pression à l’innovation commence à se faire sentir dans ces établissements intrinsèquement, et nécessairement, conservateurs.

L’Université de Montréal sera l’hôte d’un colloque sur l’avenir de la formation les 16 et 17 mars. Au programme, les grandes questions de l’heure (et de toujours!) abordées par des invités de marque. Extrait du communiqué:

“Au nombre des conférenciers, le colloque accueillera le président du Centre d’études sur les médias du Québec, le professeur Florian Sauvageau, le rédacteur en chef adjoint de l’Associated Press à New York, Thomas Kent, le directeur du Centre de formation et de perfectionnement des journalistes à Paris, Christophe Deloire, ainsi que le président du Conseil de presse du Québec, John Gomery.

Les congressistes aborderont différentes questions liées à l’enseignement du journalisme, dont celle de la démocratie et des médias, du journalisme multiplateforme à l’heure d’internet, des éléments fondamentaux de la pratique journalistique, dont le respect et l’importance de l’éthique professionnelle.”

Selon Robert Maltais, responsable du Certificat en journalisme à l’Université de Montréal et coordonnateur de l’événement, les échanges avec des conférenciers internationaux et des spécialistes québécois visent à améliorer la qualité et la pertinence de l’enseignement du journalisme au Québec. Même si, aux dires de M. Maltais, il ne faut pas s’attendre à ce qu’un modèle idéal de formation émerge de la discussion. «Face à une réalité extrêmement mouvante, on ne peut pas s’improviser prophète», rappelle-t-il. 

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Au Québec comme ailleurs, les formations en journalisme attirent moins d’étudiants depuis quelques années, sans doute refroidis par les perspectives d’emploi peu reluisantes et les compétences attendues de plus en plus nombreuses. Les programmes de 2e cycle, plus spécialisés et plus sélectifs, semblent cependant connaître un certain succès.

L’Université de Montréal lance justement à l’automne prochain un programme de 2e cycle en journalisme. Robert Maltais indique que ce nouveau programme aura une orientation plus analytique que l’actuel certificat en journalisme, lequel vise surtout à développer les compétences pratiques. «On va travailler plus fort pour accentuer le sens critique, la capacité d’analyse, la capacité d’observation, l’éthique et la déontologie.» Il souhaite également stimuler la fibre entrepreneuriale des futurs journalistes:  «Il faut former des gens qui vont diriger et créer des entreprises de presse.» Il s’attend à y accueillir entre 25 et 50 étudiants par année.

Même si le colloque s’adresse principalement aux enseignants et administrateurs des programmes de journalisme, Robert Maltais signale qu’un atelier sera consacré aux interventions des étudiants et jeunes professionnels. Ceux-ci en auront sûrement long à dire sur l’arrimage entre la formation et les nouvelles réalités de la pratique : le journalisme indépendant, le multimédia, les médias sociaux…

Dans un dossier consacré à la question dans le magazine Trente, en 2008, plusieurs jeunes professionnels exprimaient le souhait que les écoles de journalisme simulent mieux les conditions réelles de pratique – y compris les délais très courts de production – et que le cursus soit plus exigeant. Ils déploraient aussi la forte proportion, au sein de ces programmes, d’étudiants peu motivés – une clientèle qui s’auto-éliminera peut-être avec les débouchés professionnels moins favorables. «Ce n’est pas un métier pour les pantouflards, il faut de l’audace, de la débrouillardise», affirme Robert Maltais.

Une lettre ouverte transmise à ProjetJ, signée par deux récentes diplômées de la Maîtrise en journalisme international à l’Université Laval, déplore les frais d’inscription élevés au colloque (517$ avec taxes). Le responsable du programme de journalisme à l’Université de Montréal se montre ouvert à ce que les diplômés en voie d’insertion professionnelle puissent bénéficier du tarif réduit de 95$ offert aux étudiants. Les enseignants de l’institution hôte devront verser 150$ en frais d’inscription. Pour les autres, il faudra attendre la publication des actes du colloque – à moins que quelques participants assurent un service de live tweet