Les propos de Luc Lavoie, architecte de
Sun News, à notre micro, n’en finissent pas de faire sourciller. Le
chroniqueur média du Devoir, Stéphane Baillargeon, y
consacre ce matin une chronique complète intitulée «Vers le
populisme».

Les propos de Luc Lavoie, architecte de
Sun News, à notre micro, n’en finissent pas de faire sourciller. Le
chroniqueur média du Devoir, Stéphane Baillargeon, y
consacre ce matin une chronique complète intitulée «Vers le
populisme
».

Le journaliste s’interroge sur le ton
ouvertement populiste qu’adoptera la nouvelle chaîne d’information
anglophone. Notant la «forte
odeur anti-intellectuelle» du discours du conseiller du président
de Quebecor, il souligne que ce courant verse dans «le dogmatisme,
l’aveuglement et l’appel aux ressentiments».

Selon
l’universitaire et diplomate, Alain Rouquié, le populisme est en
effet un terme péjoratif, une «épithète quasi infamante». Dans
son livre Amérique
Latine, Introduction à l’Extrême-Occident
,
consacré aux sociétés latino-américaines qui ont été
globalement marquées par des chefs populistes charismatiques au cours de
l’histoire récente, il écrit:

«Les
régimes populistes sont considérés comme des dictatures
démagogiques s’appuyant sur les classes populaires urbaines. On
insiste volontiers [dans
la littérature] sur la dimension charismatique du chef et surtout sur l’irrationalité
des masses et leur émotivité qui les a poussées à suivre le
mauvais berger.»

Aux
yeux de Stéphane Baillargeon, appliquée au journalisme, l’étiquette
populiste n’est pas de bon augure. «En
information, elle a plutôt tendance à tirer la qualité (et toute
la société) vers le bas. Vers le brut et le vulgaire,
l’insignifiant ou le trivial, l’inculte et le sentimental, voire tout
cela en même temps.»

Voir aussi:

Tête à tête avec Luc Lavoie, architecte de Sun News

Le Buzz: la mission sociale des médias

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