Dans la foulée du débat sur la Charte des valeurs québécoises, qui a occupé journalistes et chroniqueurs durant toute la fin de l’été, Projet J s’est intéressé à la place accordée aux différentes communautés dans les médias. Voici un résumé de cette série, pour tous ceux à qui elle aurait échappé.

Dans la foulée du débat sur la Charte des valeurs québécoises, qui a occupé journalistes et chroniqueurs durant toute la fin de l’été, Projet J s’est intéressé à la place accordée aux différentes communautés dans les médias. Voici un résumé de cette série, pour tous ceux à qui elle aurait échappé.

Premier constat fait par Projet J, alors que la couverture médiatique de la future Charte bat son plein, il apparait que si chez Gesca les chroniqueurs sont unanimes à condamner le texte, dans les pages des journaux de l’empire Québecor, le sujet fait grand débat et différents points de vue s’affrontent et se répondent.

Le sujet numéro un au Québec est alors largement commenté par Monsieur et Madame tout le monde. Des commentaires parfois teintés de racisme et de xénophobie, ce qui donne pas mal de fil à retordre aux modérateurs, surtout sur les pages Facebook des différents organes de presse.

Conséquence de cette couverture médiatique à grande échelle, jamais depuis la Commission Bouchard-Taylor en 2007-2008, les médias n’avaient donné autant la parole aux représentants des communautés culturelles. Une visibilité soudaine, révélatrice du peu de place qu’elles occupent en temps normal, tant dans les journaux que sur les plateformes audiovisuelles.

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Or selon Victor Armony, professeur de sociologie à l’université du Québec à Montréal (Uqàm) et auteur notamment du Québec expliqué aux immigrants (VLB éditeur), le regard stéréotypé que portent nombre de journalistes sur les communautés culturelles ouvre une brèche dangereuse qui porte atteinte à la cohésion sociale.

Arlindo Vieira, ancien président du Conseil des relations interculturelles et aujourd’hui directeur de la station communautaire Radio centre-ville, pense quant à lui que s’il y a eu quelques progrès de faits concernant l’intégration des communautés dans  les médias québécois, l’heure est aujourd’hui à la stagnation. Surtout du côté francophone.

François Bugingo est le premier noir à avoir animé une émission d’affaires publiques à la télévision québécoise et il présente aujourd’hui une quotidienne sur l’information internationale à l’antenne de LCN. S’il ne nie pas les discriminations, il appelle les jeunes journalistes issus des minorités visibles à sortir de leur communauté, à ne pas s’autocensurer et à postuler dans les grands médias.

Quelle est la situation du côté du diffuseur public qu’est Radio-Canada? Selon son directeur de la diversité, Luc Simard, tant l’intégration des communautés culturelles au sein de ses équipes que le traitement non-stéréotypé des sujets liés aux personnes issues de l’immigration, est un travail de longue haleine, dont on voit les premiers résultats à l’écran, surtout en région pour l’instant.