La Première Chaîne et Espace musique se sont trouvées un nouveau directeur général: Patrick Beauduin succèdera à Jean-François Rioux, muté à Québec récemment. Il entrera officiellement en poste le 1er décembre. D'ici là, il a discuté de ses plans avec ProjetJ..

La Première Chaîne et Espace musique se sont trouvées un nouveau directeur général: Patrick Beauduin succèdera à Jean-François Rioux, muté à Québec récemment.

L'annonce de sa nomination a créé toute une onde de choc, car traditionnellement, Radio-Canada nomme à la direction des «produits maison», soit des gens qui sont au sein de la société depuis plusieurs années. Ce publicitaire à l'emploi de Cossette depuis 1997 apparaît donc comme parachuté en tête de la hiérarchie radio-canadienne. Mais, il est en fait radio-canadien par procuration.

Ce Belge d'origine est en effet un habitué de la grande tour pour ses talents d'analyste. Depuis sa première apparition en 1999 sur le plateau de Christianne Charrette, il est un invité très demandé pour ses réflexions sur l'évolution des médias et des contenus face à la multiplication des plateformes. L'univers du journalisme ne lui est pas non plus étranger puisqu'il l'a étudié à l'Université de Bruxelles, avant d'enseigner la littérature africaine au Niger puis de plonger dans l'univers de la publicité.

Patrick Beauduin entrera officiellement en poste le 1er décembre. D'ici là, il a discuté de ses plans avec ProjetJ.

Face à l'intégration radio-télé, comment comptez-vous préserver l'identité de la radio?

Alain Saulnier (directeur général de l'information de Radio-Canada) a participé énormément à ce grand changement. Je dirais qu'il s'agit davantage d'un rapprochement que d'une intégration et à mon avis c'est positif parce que ça aide à enrichir le contenu et à capitaliser sur le talent des artisans de l'information.

Cependant, c'est une opération qui doit être faite avec doigté, car quand on fait de la radio on ne fait pas de la télé. Le travail journalistique est similaire, mais la manière de construire le contenu et de le diffuser est différente. C'est important d'en être conscient pour respecter la plateforme sinon le contenu qu'on livre devient fade et insipide.

Poursuivre la rénovation de la Première chaîne sera dans mon mandat. Il s'agira de trouver l'équilibre entre la production du contenu et le respect de la plateforme. C'est un défi mondial qui concerne les médias électroniques, mais aussi la presse écrite où les journalistes doivent de plus en plus travailler pour l'imprimer, mais aussi pour le Web en alimentant des blogues en textes, en vidéos et en son. Radio-Canada n'échappe pas à cette réalité.

Le vieillissement des vedettes est un autre défi qui guette Radio-Canada. Comment comptez-vous le relever?

Toute entreprise doit faire face à cette réalité de manière cyclique. C'est normal parce qu'avec le temps on créé des talents forts qui portent la marque. Mais je n'ai aucune angoisse à ce sujet. En fait, je suis sûr que ça va être passionnant de côtoyer ces sommités de la radio et de leur demander de m'aider à assurer la relève, car ils sont les mieux placés pour identifier les meilleurs, les former et les accompagner jusqu'au passage du relais.

Espace musique a embauché 18 nouveaux animateurs pour les régions, mais leur rôle est limité à suivre une feuille de route concoctée à Montréal. Est-ce cela l'avenir de la radio en région?

Je vous laisse à votre jugement pour le moment. Laissez-moi arriver à Radio-Canada pour faire mon propre diagnostic. Cependant, je trouve que le travail qui a commencé en région est vraiment bien. C'est un bon début.

Par contre, je ne pense pas que ce soit une réponse finale à la régionalisation. Mon intention est de rendre les régions plus fortes au plan du contenu et plus autonomes, car je crois énormément au public ciblé. À mon avis, on va vers des audiences très géolocalisées, donc c'est important de pousser plus loin notre travail en région.

Par ailleurs, Espace musique est née il y a cinq ans en pleine mutation de l'industrie de la musique. L'offre musicale est en train de changer de façon profonde. De fait, il y a une réflexion à faire sur la manière dont on aborde le produit musical et comment on veut le diffuser.

Est-ce que Radio-Canada est sur la bonne voie à ce chapitre ?

Oui, il s'y fait des choses très intéressantes et innovatrices. À mon avis, Bande à part est un modèle pour l'avenir de la radio publique et la diffusion de la culture. C'est un projet qui met Radio-Canada dans le groupe de tête mondial en matière d'innovation radio et multiplateforme. Il y a là une curiosité, une interactivité et une énergie inspirante.

 

Pour en savoir plus:

 

Radio-Canada: début de la cohabitation entre journalistes de la radio et de la télé

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