Par Cécile Gladel

Le réflexe de s’occuper exclusivement des nouvelles les plus proches de notre vie, de notre monde est triste, même préoccupant. Il faut parfois se regarder le nombril, mais à trop le regarder, on se renferme sur soi-même, on se coupe des autres, on ne s’enrichit plus des autres idées, de la Planète où on vit. On devient comme la Corée du Nord, un pays obscur, pauvre.

Par Cécile Gladel

En ce lundi matin sur mon blogue de Branchez-vous, je parle de la mort de deux personnalités aux antipodes du spectre politique: Vaclav Havel et Kim-Jong Il. Le premier est un apôtre de la paix. Il a lutté contre la dictature, a gagné, est devenu président. L’autre est un dictateur, l’un des pires de la planète.

Je cite un discours de Vaclav Havel destiné aux dissidents chinois qui pourrait très bien s’adresser aussi aux dissidents nord-coréens, s’ils existent.

Je parle aussi de la constatation d’Influence communication. Ces deux morts sont les deux sujets les plus traités au Canada et dans le monde. Pas au Québec. Dans notre belle province, c’est le congédiement de Jacques Martin, l’entraineur du Canadien de Montréal, qui est en tête suivi par les décès de Havel et Kim-Jong Il.

Que retiennent la majorité des commentateurs sur Branchez-vous? Les faits d’armes de Havel? Sa participation au Printemps de Prague? Son influence sur les changements en Europe de l’Est? Sa présidence de la République tchèque? L’obscurantisme du dictateur nord-coréen? Sa succession par son jeune fils? Les conséquences sur le monde du changement de direction d’un pays qui possèderait l’arme nucléaire, mais dont on sait très peu de choses ? Que nenni.

La nouvelle la plus importante est le hockey, Jacques Martin, et l’unilinguisme de son remplaçant. Selon leurs propres mots, il est préférable de s’occuper de ses affaires et non de celles des autres. On a assez de problèmes chez nous!

Évidemment, le changement d’entraineur aura surement des conséquences sur la politique internationale, l’instabilité engendrée, sur la géopolitique de la région, sur les relations entre les deux Corées et j’en passe. (je suis ironique)

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Dans 100 ans, quelles sont les nouvelles qui seront colligées dans les livres d’histoire? Je ne vous ferai pas l’insulte de répondre à cette question.

Ce réflexe de s’occuper exclusivement des nouvelles les plus proches de notre vie, de notre monde est triste, même préoccupant. Tout en n’excluant aucune nouvelle, il est nécessaire de les classer par ordre d’importance, tant au rang mondial qu’hyperlocal (en référence à RueMasson.com dont je suis l’une des co-fondatrices). Peut-on s’abreuver à toutes les sources, à toutes les nouvelles, qu’elles se passent à l’autre bout du monde ou à côté de chez nous ? Peut-on encourager la diversité? Peut-on avoir la vision globale de l’aigle et celle de la souris, plus restreinte. L’une ne va pas sans l’autre.

Il faut parfois se regarder le nombril, mais à trop le regarder, on se renferme sur soi-même, on se coupe des autres, on ne s’enrichit plus des autres idées, de la Planète où on vit. On devient comme la Corée du Nord, un pays obscur, pauvre.

Quand on se regarde le nombril, on se courbe, on se coupe de la lumière, on meurt.

Ridiculiser l’information internationale ou hyperlocale traduit une étroitesse d’esprit et un manque de curiosité et d’ouverture sur le monde. Ridiculiser les commentaires des autres ferme la conversation et assèche le débat.

Les autres commentateurs n’osent plus rien dire et parfois ne viennent même plus lire. Triste, quand on veut être une société intelligente. Quand on veut être une grande société, on doit élever le débat, pas le rabaisser.