Telus a profité aujourd’hui des
audiences du CRTC portant sur l’achat de Canwest Global par Shaw pour
demander au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications
canadiennes (CRTC) d’interdire aux fournisseurs de téléphonie
mobile d’offrir du contenu télévisuel exclusif à leurs clients.

Il s’agit d’un dossier crucial pour la
firme vancouvéroise, car elle est en voie de devenir le seul grand
opérateur de téléphonie mobile du pays à ne pas posséder un
empire médiatique duquel tirer des contenus à diffuser sur ses
téléphones cellulaires.

Telus a profité aujourd’hui des
audiences du CRTC portant sur l’achat de Canwest Global par Shaw pour
demander au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications
canadiennes (CRTC) d’interdire aux fournisseurs de téléphonie
mobile d’offrir du contenu télévisuel exclusif à leurs clients.

Face aux empires: Rogers, Shaw, Bell
et Quebecor

Il s’agit d’un dossier crucial pour la
firme vancouvéroise, car elle est en voie de devenir le seul grand
opérateur de téléphonie mobile du pays à ne pas posséder un
empire médiatique duquel tirer des contenus à diffuser sur ses
téléphones cellulaires.

En effet, Rogers peut compter sur les
contenus de Rogers TV et d’une foule de publications et sites web,
tandis que Videotron dispose de l’ensemble des propriétés médias
de Quebecor et d’un accord avec Astral. Pour leur part, Shaw et Bell
n’attendent que le feu vert du CRTC pour mettre la main
respectivement sur Canwest Global et CTV. Les quatre entreprises ont
donc en main toutes les cartes pour mettre en place une importante
synergie en diffusant leurs contenus sur toutes leurs plateformes et
les offrir uniquement à leurs clients.

Pour Me Anthony Hémond, analyste en
télécommunications à l’Union des consommateurs, ce scénario place
inévitablement Telus «en position de faiblesse» dans le marché,
tout en défavorisant les consommateurs. Ceux-ci seront en effet
privés de certains contenus dépendamment de la région qu’ils
habitent et du fournisseur de télécommunications auquel ils seront
abonnés en plus de devoir payer plus cher pour avoir accès à
certains contenus.

Que fera le CRTC?

Me Hémond juge donc que le CRTC ainsi
que les ministres du Patrimoine et de l’Industrie devraient se
pencher sur la question, ce qui n’a jamais été fait. «Le CRTC est
complètement dans le champ sur ces questions, au point où on se
demande s’il comprend quelque chose aux nouvelles technologies»,
dit-il.

Il y a quelques jours, après que Bell
eu annoncé l’acquisition de CTV, le vice-président Médias pour le
Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier,
Peter Murdoch, réclamait lui aussi une intervention du Conseil: «le
CRTC doit renforcer son autorité dans l’intérêt des Canadiens pour
assurer un équilibre avec les intérêts des grandes entreprises
médiatiques à la recherche de profits élevés et de réduction des
coûts».

Pour l’ex-vice-président du CRTC,
Michel Arpin, il s’agit d’un enjeu majeur qui pourrait fort bien
faire l’objet d’audiences publiques très prochainement. «Je ne
pense pas que le CRTC va statuer sur cette question dans sa décision
sur l’achat de Canwest Global par Shaw, parce que c’est un dossier
qui mérite plus amples discussions et réflexions. Il voudra donc
certainement entendre les autres acteurs de l’industrie, les experts
et les groupes de consommateurs avant de se prononcer.»

Il souligne cependant que le modèle
canadien est unique et qu’ailleurs dans le monde, il existe plusieurs
chaînes qui réservent leurs contenus uniquement à leurs abonnés.
En France par exemple, la chaîne Canal+ n’est accessible pour tous
que quelques heures par jour. Pour bénéficier de la majorité de la
programmation, les téléspectateurs français doivent s’y abonner
spécifiquement en faisant affaire directement avec la chaîne.

Voir aussi: Bell acquiert CTV – un autre géant du contenu naît

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