La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a tenu hier la dernière de trois séances de consultation concernant son projet de création d'un titre protégé. Moins de 4% des membres du regroupement ont participé à ces réunions en ligne qui ont davantage été des occasions de s'informer que de débattre du projet proposé. Impossible donc d'en déduire le résultat du vote qui se déroulera la semaine prochaine.

La Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) a tenu hier la dernière de trois séances de consultation concernant son projet de création d'un titre protégé. Moins de 4% des membres du regroupement ont participé à ces réunions en ligne qui ont davantage été des occasions de s'informer que de débattre du projet proposé. Impossible donc d'en déduire le résultat du vote qui se déroulera la semaine prochaine.

Favorable à l'instauration d'un titre de journaliste professionnel depuis de nombreuses années, la direction de FPJQ a été confortée dans sa position en octobre, après des années d'opposition. Selon un sondage mené auprès de l'ensemble des membres du regroupement, 81% se sont dits en accord avec la revendication d'un titre professionnel. Toutefois, seuls 17,5% des 1957 membres de la fédération ont participé à cette enquête menée sur Internet.

Légitimité de la FPJQ

Un faible taux de participation au scrutin dans quelques jours pourrait-il annuler la validité du vote? Le président de la FPJQ, Brian Myles, explique que le conseil d'administration se penchera sur la question si besoin est. En attendant, la présidente de l'Association des journalistes indépendants du Québec (AJIQ), Lisa Marie Noël, a profité du rassemblement mensuel de ses membres hier soir pour appeler à «faire sortir le vote», son organisme ayant appuyé inconditionnellement le projet de la FPJQ.

La Fédération nationale des communications (FNC) s'est elle aussi manifestée en faveur l'instauration d'une certification professionnelle pour les journalistes. Toutefois, elle n'appuie pas le projet de loi de la FPJQ, car elle estime que la gestion du titre ne devrait pas revenir à un organisme qui ne représente pas tous les journalistes de la province (il en représenterait 40%). Dans un rapport remis à la ministre de la Culture et des Communications, la FNC recommande plutôt que le Conseil de Presse du Québec (CPQ) devienne le gardien du titre puisqu'il veille aussi au respect du code de déontologie.

Le salut déontologique

L'ancien éditorialiste du Devoir, Michel Nadeau, est lui aussi en faveur d'un renforcement du CPQ qui actuellement, selon lui, ne répond pas aux attentes. «Le Conseil est davantage un chien qui dort qu'un chien qui mord. Il y a une fonction vigie qui n'est pas assumée dans la profession.» Contrairement aux regroupements professionnels, l'ancien journaliste n'est cependant pas en faveur d'un titre protégé. Pour lui, «c'est un débat qui relève d'une autre époque». Il recommande plutôt la création d'un observatoire chargé de souligner les erreurs, les conflits d'intérêts et les manquements à l'éthique, car, pour lui, «si on mettait au pilori les patrons fautifs, ça rapporterait bien plus qu'un titre».

Michel Nadeau est d'avis que la FPJQ se trompe en pensant qu'un titre professionnel permettrait aux journalistes de résister «aux pressions externes et internes qui interfèrent avec la mission sociale d'informer». «Ne rêvons pas en couleurs! Si votre patron à l'hebdo local vous dit: "va couvrir la sortie de la Ford Focus", parce que concessionnaire du coin commandite le journal, vous allez le faire parce que vous ne pourrez pas vous permettre de perdre votre job». Mais, pour Brian Myles, les employeurs ne pourraient licencier un journaliste sous prétexte qu'il refuse de faire une tâche proscrite par son code de déontologie, car cela reviendrait à un déni de droit d'association.

L'ouverture de la profession

Loin d'être convaincu, Michel Nadeau craint également qu'un titre professionnel limite l'accès à une profession qui se nourrit de son ouverture. Ce point de vue habitait la majorité des membres de la FPJQ en 2002, alors qu'ils avaient massivement rejeté l'idée d'un titre professionnel, et il est encore très présent d'après ce vox-pop réalisé par la FPJQ à l'occasion de son congrès en novembre dernier:

Les membres professionnels de la FPJQ – les étudiants, les retraités et les professeurs de journalisme sont exclus, car la fédération souhaite recueillir l'avis de ceux qui pratiquent le métier – seront appelés à se prononcer du 5 au 7 avril par vote électronique. En fonction des résultats, le conseil d'administration décidera si la fédération demandera ou non l'adoption d'une Loi sur le statut des journalistes professionnels du Québec.

 

Pour comprendre et prendre une décision éclairée:

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