En juin dernier, la Sapling foundation, organisatrice des Conférences TED, a mis en vedette sur son site ses meilleures communications consacrées au journalisme. Place des femmes, liberté de la presse, défense de la démocratie, recherche de la vérité face à la profusion d’informations, de nombreuses facettes de la profession ont été abordées par des spécialistes ayant pour mission de vulgariser leur sujet pour le rendre intelligible en moins de vingt minutes. Résumé.

En juin dernier, la Sapling foundation, organisatrice des Conférences TED, a mis en vedette sur son site ses meilleures communications consacrées au journalisme. Place des femmes, liberté de la presse, défense de la démocratie, recherche de la vérité face à la profusion d’informations, de nombreuses facettes de la profession ont été abordées par des spécialistes ayant pour mission de vulgariser leur sujet pour le rendre intelligible en moins de vingt minutes. Résumé.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

À la poursuite de la vérité

Le fondateur de Storyful, Markham Nolan, explique qu’à la fin de sa conférence, il y aura 864 heures de vidéos en plus sur Youtube et 2,5 millions de photos en plus sur Facebook et Instagram que lorsqu’il l’a commencée. Les journalistes devraient se réjouir d’avoir accès instantanément et gratuitement à n’importe quel événement ayant lieu n’importe où sur la planète… sauf qu’ils doivent aujourd’hui plus que jamais démêler le vrai du faux. Markham Nolan expose comment Storyful, avec simplement les outils gratuits disponibles sur le web, aide les journalistes à vérifier une information en Syrie ou une vidéo publiée sur Youtube. Il conclut sa brillante communication sur une note d’espoir pour tous les journalistes puisque selon lui,  «peu importe la vitesse des ordinateurs, peu importe la quantité d’informations à disposition, nous ne pourrons jamais supprimer l’humain de l’exercice de recherche de la vérité. Parce qu’en fin de compte, c’est un trait exclusivement humain.»

 

Plaidoyer pour une presse libre

Le journaliste serbe Sasa Vucinic explique que 83% de la population mondiale ne sait pas ce qui se passe dans son pays faute de presse libre. Il invite également les 17% restant à en profiter car selon lui, ça pourrait ne pas durer, faute d’argent. Raison pour laquelle, en pleine guerre en ex-Yougoslavie, il est allé chercher le multimilliardaire George Soros pour lui demander d’investir dans une association qui aurait pour objectif de prêter des fonds à des médias indépendants dans les pays développés. Au bout de trois rencontres, ce dernier accepta… amicalement… affirmant qu’il ne reverrait jamais cet argent. Presque vingt ans plus tard, M. Vucinic assure que 97% des prêts ont été remboursés en temps et en heure. De quoi donner de l’espoir? Oui… et non. Car il s’agit selon lui d’une goutte d’eau dans l’océan, les besoins étant énormes.

 

Devenir journaliste pour changer la société

Naming, shaming and jailing: tels sont les trois principes qui animent le journaliste ghanéen Anas Aremeyaw Anas. Depuis quinze ans, il est adepte du journalisme d’immersion et il explique comment il se fait passer pour un quidam afin de confondre les vilains. Il se présente masqué sur la scène des TED conférence, car une fois son identité dévoilée, il ne donne pas cher de sa peau… alors que ses reportages ont révélé nombre de scandales, notamment de corruption.

 

Appel à la diligence des médias

Alors que les médias donnent le ton et le contenu d’une bonne partie de notre discours démocratique, l’acteur et producteur britannique David Puttman croit que ceux-ci ont failli. Selon lui, «la démocratie requiert que des hommes et des femmes raisonnables prennent le temps de comprendre et de débattre de sujets parfois complexes dans une atmosphère qui permet de promouvoir cette compréhension qui mène, peut-être pas à un accord, mais au moins à un compromis productif et réalisable.» Il en appelle à leur clairvoyance en respectant le vieux principe de l’empereur romain Marc Aurèle: «Si ce n’est pas vrai, ne le dites pas. Si ce n’est pas juste, ne le faites pas».

 

Où sont les femmes?

La journaliste indépendante Megan Kamerick rappelle que si les femmes représentent la moitié de la population mondiale, elles ne figurent que 24% des personnes citées dans les reportages, et 20% si l’on ne considère que les experts. Ainsi, selon elle, les médias continuent à dessiner une image de la société où les hommes seraient majoritaires dans toutes les catégories sauf deux: les étudiants et les femmes au foyer. Exemples à l’appui, la journaliste féministe démontre en quoi cette sous-représentation des femmes est contraire au principe d’objectivité nécessaire à la pratique du travail journalistique en induisant des biais. Elle appelle toutes les journalistes femmes à la vigilance dans  leur propre salle de nouvelles afin qu’elles dénoncent les couvertures stéréotypées, notamment dans les cas d’agressions sexuelles.

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