La saga Wikileaks a atteint un nouveau palier de tension alors que son principal protagoniste, l'énigmatique Julian Assange, entame sa seconde nuit en prison en Grande-Bretagne. Depuis que le site a bouleversé les règles du secret-défense en déclenchant le «cablegate», il suscite un discours belliqueux autant de la part de ses partisans que de ses opposants.

La saga Wikileaks a atteint un nouveau palier de tension alors que son principal protagoniste, l'énigmatique Julian Assange, entame sa seconde nuit en prison en Grande-Bretagne. Depuis que le site a bouleversé les règles du secret-défense en déclenchant le «cablegate», il suscite un discours belliqueux autant de la part de ses partisans que de ses opposants.

Du côté des contres, Julian Assange fait désormais figure d'ennemi public numéro un. Le département américain de la Défense et ses alliés n'ont jamais émis des menaces publiques aussi explicites concernant un homme de plume. Aux États-Unis, Sarah Palin a demandé qu'on le pourchasse comme Ben Laden, tandis qu'au Canada, l'ancien conseiller politique du Premier ministre Harper, Tom Flanagan, a fait un appel au meurtre contre lui à l'antenne de la télévision publique.

Du côté des pro-Wikileaks, l'essayiste américain John Perry Barlow, auteur de la Déclaration d'indépendance du cyberespace, estime que «la première guerre de l'information sérieuse est maintenant engagée». Un message repris par le groupe de hackers, Anonymous, qui a entrepris une cyberguerre contre les organisations qui tentent de menotter le site.

L'entrepreneur français, Pierre Chappaz, cofondateur du comparateur de prix Kelkoo et du moteur de recherche Wikio, appuie la thèse de la guerre de l'information. Selon lui, cette lutte marquera le début d'une nouvelle ère où l'on verra si les gouvernements peuvent légitimement censurer la dissémination des informations qui les ennuient.

Reporters Sans Frontière (RSF) est d'ailleurs effaré de la solidarité des États contre Wikileaks. «C’est la première fois que nous observons une tentative de censure à l’échelle internationale d’un site dont la vocation première est la transparence. Nous ne pouvons qu’être sidérés par le fait que des pays comme la France et les États-Unis alignent soudain leur politique en matière de liberté d’expression sur celle de la Chine.»

Pour l'organisation, toute restriction à la liberté de diffusion du site «touchera la presse dans son ensemble». Une presse qui a largement repris et collaboré aux fuites du site. Celui-ci collabore directement avec Owni, The Guardian, Le Monde, Der Spiegel et le New York Times pour traiter et diffuser les documents secrets qui lui sont anonymement transmis.

Pour en savoir plus sur la collaboration entre le site et les médias traditionnels et pour un retour détaillé sur la saga Wikileaks, voici un reportage de ARTE : Enquête sur le nouveau contre-pouvoir de WikiLeaks, une révolution qui bouleverse le rapport des citoyens à l’information.

 

Voir aussi:
Lettre ouverte de Julian Assange publiée par The Australian
Wikileaks: signe du déclin des médias

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