Les lecteurs montréalais enterrent un deuxième journal gratuit de langue anglaise en moins de deux mois. Après The Hour, voilà que The Mirror disparaît. Sun Media, filiale de Québecor Média, a annoncé la fermeture de l'hebdomadaire culturel anglophone, en milieu de journée. L'édition en kiosque est la dernière. Sept employés perdent ainsi leur emploi et deux seront replacés au sein du conglomérat.

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Les lecteurs montréalais enterrent un deuxième journal gratuit de langue anglaise en moins de deux mois. Après The Hour, voilà que The Mirror disparaît. Sun Media, filiale de Québecor Média, a annoncé la fermeture de l'hebdomadaire culturel anglophone, en milieu de journée. L'édition en kiosque est la dernière. Sept employés perdent ainsi leur emploi et deux seront replacés au sein du conglomérat.

«La popularité croissante des médias et des modes de communication numériques ayant changé de façon irrémédiable le contexte dans lequel évoluent les hebdomadaires culturels gratuits, les défis économiques découlant de ce nouveau contexte ont malheureusement compromis la viabilité du Mirror», indique Sun dans un communiqué de presse.

En fermant le Hour, Communication Voir invoquait aussi des raisons économiques. «Les annonceurs n’ont pas la capacité de supporter un journal gratuit dont l’unique source de revenus repose sur ses ventes publicitaires», indiquait l'éditeur. Voir a également fermé ses éditions régionales de Saguenay-Alma et de Mauricie en plus de remercier son rédacteur en chef à Québec, ses responsabilités ayant été confiés à celui de Montréal.

En 2009, Sun tenait un discours semblable en mettant la clef sous la porte du petit frère francophone du Mirror, le Ici. «Malheureusement, compte tenu de la crise qui sévit dans l’industrie de la presse écrite, de même que de la chute dramatique des revenus publicitaires des journaux, qui constituaient la seule source de revenus d’Ici, nous avons dû nous résigner», déclarait Christianne Benjamin, alors vice-présidente, Journaux urbains gratuits de Sun Media.

Depuis quelques années, le contenu du Mirror diminuait, tout comme celui de ses concurrents de la presse culturelle gratuite. Néanmoins, il tirait toujours à 70 000 exemplaires par semaine et la fermeture de son concurrent direct, The Hour, laissait orpheline une tranche du lectorat qui aurait pu se rabattre sur un hebdomadaire désormais en situation de monopole. Son rédacteur en chef, Alastair Sutherland, semble d'ailleurs ne pas avoir vu venir le coup. Sur Twitter, la chroniqueuse Nathalie Collard de La Presse écrit:

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Fondé en 1985, The Mirror était à l'origine publié deux fois par mois. Il est devenu un hebdomadaire en 1989 et a été acquis par Québecor en 1997. Les fondateurs du journal s'étaient alors battu en cour pendant plusieurs années pour faire annuler une transaction qui, pour eux, mettait en péril l'identité et la pérennité de ce pionnier de la presse culturelle montréalaise.

Un des fondateurs, Julian Feldman, déclarait alors au Trente: «Si le journal perd de l’argent, Québecor ne tolérera pas ça très longtemps, on n’injectera pas de fonds pour le sauver. S’il fait des profits, Québecor va les prendre. S’il fait des pertes, l’entreprise va le fermer.»