C’est au tour du Voir d’annoncer sa solution anticrise: pour s’adapter aux grands bouleversements, l’hebdomadaire culturel va modifier sa périodicité dès cet été pour ne paraître plus que deux fois par mois. Mais pas question d’abandonner le papier.

C’est au tour du Voir d’annoncer sa solution anticrise: pour s’adapter aux grands bouleversements, l’hebdomadaire culturel va modifier sa périodicité dès cet été pour ne paraître plus que deux fois par mois. Mais pas question d’abandonner le papier.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

Simon Jodoin, rédacteur en chef du Voir, en a donné la primeur à ses lecteurs en se fendant d’une chronique intitulée Printemps médiatique au Voir et justifiant la mise en place de son nouveau plan d’action. Et, oh surprise, dans un monde où de nombreux titres gratuits optent pour le tout web, le Voir, lui, continuera à paraître dans sa version papier, mais deux fois par mois seulement au lieu de son historique périodicité hebdomadaire.

En entretien téléphonique, Simon Jodoin assure que le papier a encore sa pertinence. «Il y a un rendez-vous qui fait partie de notre image de marque et dans l’esprit des gens, le Voir, c’est un journal papier. Nombre d’annonceurs, dans le milieu culturel notamment, aiment aussi ce support. Ce produit n’est pas périmé mais le rythme de diffusion doit être différent. Essayer de faire un scoop sur le papier une fois par semaine, c’est mission impossible!»

Les éditions régionales non menacées

D’où une nouvelle répartition des rôles. Le journal accueillera de longs articles, dossiers fouillés, grandes entrevues, quand le site internet se concentrera sur la nouvelle, l’actualité à chaud prise sur le vif. L’équipe rédactionnelle, elle, ne devrait pas bouger: environ vingt journalistes, pigistes compris. Et si deux régions, Saguenay-Alma et Mauricie, ainsi que la version anglophone du titre, Hour, ont vu leur édition papier disparaître l’an dernier, il semble qu’aucune des quatre publications restantes (Montréal, Québec, Estrie et Gatineau-Ottawa) ne soient menacées dans l’immédiat.

La crise a frappé aux portes du Voir dès 2008 avec une dégringolade dans les revenus issus des annonces classées et de la publicité nationale. Une situation d’autant plus critique pour un journal gratuit, essentiellement dédié à la culture, secteur peu réputé pour son opulence. Depuis son arrivée en tant que rédacteur en chef en septembre 2010, Simon Jodoin s’est lancé dans une refonte totale des sites internet pour aller vers plus de réactivité et dans la recherche de nouvelles sources de financement.

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Fin de crise?

L’équipe d’Urbacom, éditeur du Voir, a ainsi creusé dans deux directions. D’abord la création et le développement de sites internet de partenaires, tel que celui qu’elle vient de terminer pour le festival Montréal complètement cirque. D’autres suivront. Pour cela, le Voir n’a eu qu’a vendre ses propres compétences, tous les sites de la marque étant déjà développés en interne.

Ensuite, la boutique.voir.ca. Ce site d’achat en ligne propose des cartes prépayées à échanger dans des dizaines de restaurants, hôtels, salons de bien-être et autres magasins, avec pour originalité d’offrir 25 à 40% de bonus sur la somme que le client paie: pour 100$ investis, 125 à 140$ en poche. «Ces deux nouvelles sources de revenus nous permettent de penser que la crise est terminée, assure Simon Jodoin. Personne ne sait à quoi ressemblera le milieu des médias dans deux, cinq, dix ans, nuance-t-il, nous poursuivons donc notre réflexion. Mais nous sommes maintenant entrés dans la phase action.»

Après cette réflexion sur le modèle d’affaires, une autre, sur le contenu et l’orientation du futur bimensuel, semble maintenant s’imposer. À lire les commentaires laissés par les internautes suite à la chronique de Simon Jodoin, certains semblent frustrés par son positionnement toujours à la marge et ne représentant, selon eux, que l’opinion de la gauche montréalaise. Ils appellent à plus de diversité, d’ouverture et de débats.

 

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