Internet regorge aujourd’hui de toutes sortes de données et le phénomène va en s’amplifiant de manière exponentielle. Une mine d’or pour qui sait les trouver, les récupérer, les nettoyer, les explorer et les structurer. 37e Avenue en a fait sa spécialité et offre ses services aux entreprises de presse.

Internet regorge aujourd’hui de toutes sortes de données et le phénomène va en s’amplifiant de manière exponentielle. Une mine d’or pour qui sait les trouver, les récupérer, les nettoyer, les explorer et les structurer. 37e Avenue en a fait sa spécialité et offre ses services aux entreprises de presse.

Par Hélène Roulot-Ganzmann

«Peu de journalistes ont un intérêt poussé pour l’informatique, estime Steve Proulx, pigiste depuis une quinzaine d’années, ex-rédacteur en chef du magazine Trente et fondateur en 2011 de 37e Avenue, agence montréalaise de création de contenus originaux. Nous sommes très peu nombreux au Québec à nous intéresser au journalisme de données. Il faut dire que cette nouvelle discipline demande un haut degré de compétence dans plusieurs domaines liés à la fois à l’informatique (programmation, développement, design graphique et web) et au journalisme (recherche, mise en contexte, rédaction). C’est beaucoup pour un seul homme! Ça se pratique ainsi surtout en équipe.»

Or, peu de médias québécois sont assez solides pour se permettre de laisser plusieurs de leurs meilleurs éléments travailler plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sur un seul dossier. «QMI, Radio-Canada, La Presse le font, note Steve Proulx. Mais ce sont pour ainsi dire les seuls. 37e Avenue offre donc ses services aux autres. Ceux qui ont des besoins ponctuels en journalisme de données, sans avoir les moyens de se constituer une équipe permanente.»

Trois journalistes

L’Actualité, les Affaires, Métro Montréal, le Huffington Post font aujourd’hui régulièrement appel à ses compétences. Jobboom ou encore Protégez-Vous, pour des besoin plus ponctuels. «Je reçois des commandes et je fais également des propositions, explique Steve Proulx. Il faut vraiment être dans le milieu pour savoir ce qu’il est possible de trouver sur internet; et avoir un œil de journaliste pour estimer ce qui pourrait avoir de l’intérêt. Le client peut venir avec une idée autour de laquelle on discute pour voir quelle serait la meilleure façon de présenter le contenu. Le but est toujours d’aborder l’information de façon créative.»

Que sont les églises du Québec devenues? Quelles sont les régions du monde qui comptent le plus d’homicides? Qu’en est-il de la représentation des femmes en politique tout autour de la planète? Combien de sushis est-il possible de fabriquer avec un seul thon de 1000 livres? Autant de questions auxquelles 37e Avenue a répondu pour ses clients, infographie à l’appui.

Son offre de services est variée. Depuis la simple recherche et analyse de données jusqu’à la rédaction complète d’enquêtes en passant par la réalisation de graphiques et de visualisations de données et la production d’infographies éditoriales. Trois journalistes travaillent à temps plein, entourés de plusieurs collaborateurs externes, développeurs, designers graphistes, infographistes, etc.

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Bientôt au Canada anglais

Les données, Steve Proulx est tombé dedans lorsqu’il était tout petit. À dix ans, il réalisait déjà des bases de données et classaient ainsi sa collection de timbres… en tant que journaliste, toutes ses recherches, tous ses articles sont minutieusement organisés. Alors, lorsque cette tendance au journalisme de données s’est imposée sur la scène médiatique, il a tout de suite su qu’il aurait les compétences pour investir ce nouveau champ.

À l’automne, 37e Avenue se lancera sur le marché du Canada anglais. Mais si les entreprises de presse semblent bien répondre, Steve Proulx, voit difficilement son avenir en dehors des site corporatifs.

«Les grandes compagnies souhaitent de plus en plus produire du contenu de qualité. Elles cherchent à attirer des lecteurs sur leur site en leur offrant tout autre chose que son produit ou son service. Elles jouent ainsi sur leur image. Étrangement, en tant que créateur de contenu, nous jouissons d’une grande indépendance éditoriale car elles ne cherchent surtout pas à plugger leur marque. Les internautes y sont très sensibles et ils fuiraient instantanément. C’est certain, j’ai une affection particulière pour les médias. Mais je ne suis pas certain que ce soit suffisant pour faire vivre mon entreprise.»

Projet J et 37e Avenue sont désormais partenaires.

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